Michel Lavoie
C’est ma seigneurie que je réclame : la lutte des Hurons de Lorette pour la seigneurie de Sillery, 1650-1900
Non-fiction French-Language

Photo: France Landry
Michel Lavoie,
Saint-Raphaël (Quebec),
C’est ma seigneurie que je réclame : la lutte des Hurons de Lorette pour la seigneurie de Sillery, 1650-1900.
(Les Éditions du Boréal; distributed by Diffusion Dimedia)
(ISBN 978-2-7646-2021-2)
Biography
Michel Lavoie is an associate professor in history at the Université de Sherbrooke, and has a PhD in history from Université Laval in Quebec City. His area of expertise deals with Quebec’s Aboriginal Peoples, and how they have been affected by various government policies throughout Canada’s history. He contributed essays to Mémoires d’un avenir (ed. Jean-Philippe Warren, 2006) and La rénovation de l’héritage démocratique : Entre fondation et refondation (ed. Anne Trépanier, 2009). Director of the historical journal Recherches amérindiennes au Québec from 2005 to 2010, Michel Lavoie currently works as a consultant in history based in Saint-Raphaël, Que.
Jury's comment
Supported by an enormous amount of archival research, this historical work by Michel Lavoie retraces the claims of the Huron of Sillery for the restitution of the only concession ever granted to a group of Aboriginal people, in 1651. The consequences of their failure to win this restitution – from the trusteeship of the Jesuits to their petition before the courts in the 19th century – shape the colonial history of Canada in a fascinating way.
Excerpt
(Reproduced with permission)
"L’histoire de la seigneurie de Sillery et de la lutte des Hurons de Lorette pour la récupérer trouve son origine dans un projet missionnaire, celui de rassembler les Indiens de la Nouvelle-France dans des réductions. Le modèle le plus remarquable était celui du Paraguay. Dès 1610, les Jésuites y avaient créé des communautés théocratiques, sortes de petites républiques qui avaient pour objet de protéger les Guaranis contre l’exploitation coloniale portugaise. Ces réductions défendirent farouchement leur indépendance jusqu’à l’expulsion des missionnaires jésuites en 1767.
En Nouvelle-France, le projet jésuite s’est articulé autour de la seigneurie de Sillery. Ce territoire réservé, d’une lieue de front sur quatre de profondeur, fut octroyé en 1651 par la monarchie française aux «néophytes sauvages chrétiens» sous la tutelle exclusive et perpétuelle des missionnaires jésuites. La régente Anne d’Autriche réagissait ainsi favorablement aux pressantes recommandations des missionnaires visant à sédentariser les Indiens en vue de les christianiser. Les représentations des Jésuites furent si bien reçues que la régence promit formellement d’octroyer la même étendue de terre à tous les groupes de néophytes qui viendraient s’établir à proximité des forts français. Pour les Jésuites, il s’agissait avant tout de protéger les nouveaux chrétiens de l’exploitation coloniale qu’ils appréhendaient. La monarchie y trouvait son compte en faisant de chefs indigènes des vassaux qui pourraient se montrer fort utiles militairement et économiquement. Quant aux Indiens, ils se voyaient offrir une certaine protection territoriale et une administration éprouvée."
Read more (pdf, 218 kb)