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Discours

Allocution d’André Courchesne au Comité sur les langues officielles du Sénat

Allocution d’André Courchesne  
Directeur, Initiatives stratégiques
Conseil des arts du Canada
Comité permanent sur les langues officielles (du Sénat)
Le 28 avril 2008

Madame la présidente, membres du comité,

Je suis heureux d’être ici aujourd’hui au nom du Conseil des arts du Canada et je vous remercie de m’avoir invité à participer à cette table ronde de discussion. Permettez-moi de vous présenter Katherine Berg qui m’assistera pendant la discussion. Katherine est conseillère spéciale pour la Commission canadienne pour l’UNESCO, laquelle est sous l’égide du Conseil des arts.

Comme vous le savez sans doute, le Conseil des arts du Canada a été créé en 1957 par une loi du Parlement, sur les recommandations de la Commission royale d’enquête sur l’avancement des arts, des lettres et des sciences au Canada, mieux connue comme la Commission Massey-Lévesque.

Selon la Loi sur le Conseil des arts, le mandat du Conseil consiste à « favoriser et promouvoir l’étude et la diffusion des arts, ainsi que la production d’œuvres d’art », mandat toujours d’actualité, plus de 50 ans plus tard.

Tout au long de son histoire, le Conseil a reflété et a promu la dualité linguistique canadienne, à la fois dans ses propres activités comme dans le soutien qu’il accorde aux artistes et aux organismes artistiques de l’ensemble du pays. Nous savons que les arts jouent un rôle majeur dans le développement et le maintien de l’identité culturelle, ce qui renforce l’importance de veiller à ce que des artistes et des organismes artistiques des communautés francophones en situation minoritaire y vivent et y reflètent la vitalité de leur communauté. 

Si l’on remonte à la création du Conseil, on trouve de nombreux exemples des façons dont il a appuyé les arts dans les communautés francophones en situation minoritaire. Ainsi, en 1958, le Conseil a accordé une subvention au Cercle Molière – une compagnie de théâtre de langue française établie à Saint-Boniface, au Manitoba, encore active et toujours soutenue au fonctionnement par le Conseil,  pour qu’elle présente en tournée     Le Médecin malgré lui de Molière dans huit villes de l’Ouest canadien, et ce, pour le plus grand plaisir des amateurs francophones et anglophones de théâtre.

L’année suivante, lorsque le Conseil des arts a commencé à administrer les Prix littéraires du Gouverneur général, il en a ouvert l’admissibilité aux livres de langue française pour la première fois. De nos jours, 14 Prix littéraires du Gouverneur général sont remis chaque année – sept en anglais et sept en français – incluant des prix pour la traduction de livres du français à l’anglais et vice-versa. Parmi les lauréats des GG francophones, se trouvent bien sûr des écrivains francophones québécois de renom, mais aussi des Acadiens comme Antonine Maillet, Herménégilde Chiasson et Emma Haché, ainsi que des Franco-Ontariens tels Jean-Marc Dalpé, Michel Bock et le regretté Robert Dickson.

Au fil des ans, le Conseil a appuyé de nombreux artistes et organismes artistiques francophones en situation minoritaire, notamment le sculpteur Joe Fafard; les artistes-céramistes Paul Mathieu et Léopold Foulem; l’ensemble musical de l’Île-du-Prince-Édouard, Barachois; la troupe de danse francophone de Toronto, CORPUS; des compagnies de théâtre telles que l’UniThéâtre, d’Edmonton, La Troupe du jour, de Saskatoon, le Théâtre de la Vieille 17, d’Ottawa, et le Théâtre Populaire d’Acadie; ainsi que des maisons d’édition comme Bouton d’or, de Moncton, les Éditions Prise de Parole, de Sudbury, les Éditions du blé, de Saint-Boniface. En 2007-2008, le Conseil a attribué plus de 3 millions de dollars aux artistes et organismes artistiques francophones hors Québec.

Le Conseil des arts du Canada a été l’une des premières agences à signer l’entente multipartite Entente pour le développement des arts et de la culture de la francophonie canadienne, en 1998.  Il a aussi été le premier à signer une entente PICLO avec le Ministère du Patrimoine canadien, qui a fourni au Conseil des fonds additionnels de soutien aux arts dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire. Plus récemment, le Plan d’action du Conseil des arts – publié en février de cette année – fait spécifiquement référence à l’équité linguistique comme un élément clé de sa stratégie globale en matière d’équité et engage le Conseil a maintenir le soutien actuellement fourni par le PICLO. 

Plus spécifiquement, le Conseil des arts a mis en œuvre plusieurs mesures positives pour implanter notre engagement envers l’article 41 de la Loi sur langues officielles. Par exemple, nous avons concerté nos efforts pour recruter des artistes francophones hors Québec, afin qu’ils participent à nos comités d’évaluation par les pairs, lesquels sont chargés d’évaluer les demandes de subventions. Nous avons aussi fourni aux comités des feuillets d’information préparés avec la Fédération culturelle canadienne-française pour mieux les informer sur le contexte spécifique dans lequel opèrent les artistes francophones en situation minoritaire. Nous avons en outre tenu des séances d’information et des simulations de comité d’évaluation dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire, afin de nous assurer que les artistes soient au courant de nos programmes et de répondre à leurs questions sur le processus d’évaluation.

En terminant, tout au long de ses 50 ans d’histoire, le Conseil des arts s’est révélé un outil important dans l’essor et la viabilité d’une culture francophone forte et présente partout au pays. Et à l’aube de son deuxième demi-siècle, le Conseil est fermement décidé à continuer d’agir ainsi.  

À titre de directeur de la Division des initiatives stratégiques, et avec l’aide de Katherine, je serai heureux de répondre à vos questions et de participer à la discussion.

Merci.