Communiqués - 2009
Le Conseil des arts du Canada annonce les lauréats des Prix Killam de 2009
Un vidéo de la conférence est disponible.

Montréal, le 11 mai 2009 – Cinq éminents chercheurs de l’Université McGill, de l’Université Queen’s et de l’Université de Toronto sont les lauréats des Prix Killam 2009, les plus prestigieuses distinctions canadiennes accordées annuellement en reconnaissance de réalisations de carrière exceptionnelles dans le domaine des sciences de la santé, du génie, des sciences humaines, des sciences naturelles et des sciences sociales. La valeur de chaque prix est de 100 000 $.
Le Conseil des arts du Canada, qui administre le Programme Killam, a annoncé aujourd’hui que les Prix étaient décernés à
MM. Philippe Gros, Wagdi G. Habashi et François Ricard, tous les trois de l’Université McGill; John P. Smol, de l’Université Queen’s; et Ernest J. Weinrib, de l’Université de Toronto.
Lancés en 1981, les Prix Killam sont financés par des fonds provenant d’un don fait au Conseil des arts par Mme Dorothy J. Killam à la mémoire de son époux Isaak Walton Killam. Ces prix honorent d’éminents chercheurs et scientifiques canadiens œuvrant au sein d’entreprises privées, d’organismes gouvernementaux ou d’universités. À sa création en 1957, le Conseil des arts avait pour mandat de soutenir à la fois les arts et la recherche scientifique. Bien que ce mandat ait changé avec la mise sur pied de conseils de recherches distincts, le Conseil des arts continue d’administrer le Programme Killam. Au 31 mars 2008, le Fonds Killam du Conseil des arts était évalué à 64,6 millions de dollars. Les fiducies Killam, qui financent des bourses d’études et de recherche dans quatre universités canadiennes, un institut de recherche et le Conseil des arts, sont évaluées à environ 400 millions de dollars.
« En établissant les fiducies, Dorothy Killam visait à – accroître les réalisations des Canadiens dans les domaines scientifique et universitaire, et élargir le champ d'action des universités canadiennes – a fait remarquer George Cooper, fiduciaire gestionnaire des fiducies Killam. « Les cinq éminents chercheurs et universitaires honorés aujourd’hui répondent amplement à cet objectif et les fiduciaires Killam sont ravis de les accueillir parmi les chercheurs de la “famille Killam”. »
Joseph Rotman, président du Conseil des arts du Canada, a déclaré : « Les lauréats de cette année illustrent bien le vaste spectre de la recherche scientifique et artistique. Leurs réalisations sont remarquables par leur diversité et leur impact sur la vie des Canadiennes et des Canadiens. »
Son excellence, la très honorable Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada, sera l’hôte d’une cérémonie organisée en l’honneur des lauréats, à Rideau Hall, au début de l’automne.
Télécharger des images des lauréats.
Notes biographiques
M. Philippe Gros – Université McGill – Sciences de la santé
Cherchant à identifier les principaux gènes qui affectent la santé humaine, en observant les réactions à des agents pathogènes ou à des interventions thérapeutiques, Philippe Gros, éminent scientifique canadien et spécialiste mondial en génétique de la souris, a inventé et mis en œuvre des stratégies d’analyse génomique, dix ans avant la formulation du projet du génome humain.
Les découvertes fondamentales de M. Gros ont fait progresser le savoir dans trois importants domaines biomédicaux : la biologie moléculaire de la résistance aux médicaments multiples, l’analyse génétique des anomalies du développement neurologique (p. ex., le spina-bifida et l’anencéphalie) et la génétique des hôtes de maladies infectieuses (p. ex., tuberculose, malaria et salmonelle). Il a non seulement été le premier à élaborer une approche stratégique à l’identification de mutations génétiques dans les domaines de l’infection, du cancer et de la neurogenèse, mais il a également transmis des connaissances essentielles au sujet du cheminement de la maladie et il a créé des modèles qui touchent une grande partie de la démarche moderne en matière de génétique moléculaire. Ses travaux sur les gènes de la résistance aux médicaments multiples nous ont permis de mieux comprendre la pharmacorésistance dans le traitement du cancer et des maladies infectieuses, ouvrant ainsi la voie à des pharmacothérapies plus efficaces pour le traitement de maladies courantes chez les humains. Chercheur prolifique, M. Gros compte à son actif plus de trois cents articles fréquemment cités.
Titulaire de la chaire James McGill, M. Gros enseigne aux étudiants du département de biochimie en plus de former, au Centre de recherche sur la résistance de l’hôte et au Centre de recherche sur le cancer de McGill, des chercheurs qui deviendront chefs de file à l’échelle internationale. Il contribue en outre abondamment à son domaine, comme directeur scientifique du Réseau canadien sur les maladies génétiques et de cofondateur scientifique de deux sociétés de biotechnologie dérivées.
Membre de la Société royale du Canada, chercheur émérite de l’Institut canadien de recherche en santé du Canada et chercheur-boursier international du Howard Hughes Medical Institute, M. Gros a reçu de nombreux prix prestigieux. Avant d’entreprendre des études postdoctorales à la Harvard Medical School et au Massachusetts Institute of Technology, M. Gros a obtenu un baccalauréat en sciences (biochimie, Université de Montréal, 1976), une maîtrise ès sciences (microbiologie et immunologie, Université de Montréal, 1979) et un doctorat en philosophie (médecine expérimentale, Université McGill, 1983).
M. Wagdi G. Habashi – Université McGill – Génie
Œuvrant au point de rencontre du milieu universitaire et de l’industrie, ainsi qu’à la jonction des mathématiques appliquées, de la physique, de la science informatique et du génie, M. Habashi a consacré sa carrière à la résolution de problèmes majeurs liés à la simulation de la dynamique des fluides numérique (DFN).
Le travail remarquable de M. Habashi sur la DFN (la science de la résolution, au moyen d’ordinateurs ultraperformants, d’équations complexes qui gouvernent la physique de l’écoulement des gaz et des fluides) lui a permis d’élaborer des techniques de simulation novatrices destinées au contexte des industries; d’abord au sein des communautés de l’aérospatiale du Canada et, maintenant, à l’échelle mondiale. Ses travaux déterminants en matière de conception de moteurs à réaction ont permis d’établir des prédictions précises sur la performance, réduisant ainsi la nécessité de construire des prototypes et d’effectuer des essais. Ses recherches mathématiques novatrices sur la formation de givre en vol, qui offrent la possibilité de simuler des interventions en temps réel dans de telles circonstances, constituent un important changement en matière de modèles technologiques et favoriseront une sécurité accrue pour les passagers à l’échelle mondiale. Auteur de quelque 270 articles scientifiques, M. Habashi est rédacteur en chef de l’International Journal of Computational Fluid Dynamics (CFD).
En plus d’être professeur de génie mécanique à l’Université McGill et titulaire de la chaire de recherche industrielle CRSNG Bombardier, Bell Helicopter et CAE sur les applications multidisciplinaires de la dynamique numérique des fluides, M. Habashi dirige le laboratoire de DFN à McGill, qu’il a lui-même fondé. Il a également fondé et dirigé le centre du superordinateur du CLUMEQ (un consortium qui regroupe l’Université Laval, l’UQAM, l’Université McGill et l’Est-du-Québec), qui a reçu deux bourses de la Fondation canadienne pour l’innovation. Il est boursier de recherche Pratt & Whitney Canada, dispense des services d’expert-conseil à de nombreuses entreprises et dirige la Newmerical Technologies International, une entreprise qu’il a fondée afin de créer des logiciels et de fournir des services sur les applications multidisciplinaires de la DFN.
Membre de l’Académie des sciences de la Société royale du Canada et de l’Académie canadienne du génie, M. Habashi a reçu de nombreux prix illustres, incluant la Bourse Steacie, le prix Cray Gigaflop et le prix d’excellence pour l’ensemble des réalisations de la Société canadienne de CFD. Il est titulaire d’un baccalauréat en génie et d’une maîtrise ès sciences (Université McGill, 1967, 1969) ainsi que d’un doctorat en philosophie (génie aérospatial, Université Cornell, 1975).
M. François Ricard – Université McGill – Sciences humaines
Les nombreux écrits de François Ricard sur la littérature québécoise, la société québécoise et le roman moderne ont valu à ce critique littéraire et essayiste une notoriété qui dépasse largement les murs de l’Université McGill, où il enseigne au Département de langue et littérature françaises depuis 1971.
Grâce à ses travaux fondateurs sur l’œuvre de l’écrivaine francophone Gabrielle Roy, notamment sa grande biographie de 1996 intitulée Gabrielle Roy, une vie, qui a reçu de nombreux prix, et les sept volumes d’écrits inédits de Mme Roy qu’il a rassemblés et publiés,
M. Ricard est devenu la référence sur celle qu’on a appelée « la grande dame de la littérature canadienne ». Ses analyses de l’œuvre de l’écrivain français d’origine tchèque Milan Kundera, et surtout son essai intitulé Le dernier après-midi d’Agnès (2003, traduit en six langues), marqués par la rigueur, le sens de la synthèse et la définition particulièrement humaine de la littérature qui caractérisent tous les écrits de M. Ricard, lui ont valu une réputation mondiale. Les représentations de l’expérience québécoise moderne qu’il a proposées dans des textes aussi favorablement accueillis par la critique que l’Histoire du Québec contemporain (1986) et, avant tout, La génération lyrique (1992, synthèse littéraire et sociologique de la période de la Révolution tranquille au Québec), ont fait de lui l’un des principaux interprètes de la réalité québécoise. Son abondante production comprend aussi de nombreux travaux de recherche sur la littérature française, des ouvrages collectifs et des éditions critiques, quelque quatre-vingts articles et chapitres de livres, ainsi que de nouvelles lectures d’auteurs québécois tels que Honoré Beaugrand, Edmond de Nevers et Félix-Antoine Savard. M. Ricard a également joué un rôle de premier plan dans la communauté francophone comme directeur de la revue littéraire Liberté (Montréal, de 1980 à 1986), comme fondateur de la collection « Papiers collés » (la plus prestigieuse collection d’essais de langue française au Canada), comme commentateur à la radio et comme chroniqueur pour les revues L’Atelier du roman (Paris) et L’Inconvénient (Montréal).
M. Ricard a reçu de nombreuses distinctions, telles que le Prix littéraire du Gouverneur général (études et essais), la Grande Médaille de la Francophonie de l’Académie française et le Prix André-Laurendeau de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS). Il est membre de la Société royale du Canada et Chevalier de l’Ordre national du Québec. M. Ricard est titulaire d’un baccalauréat ès arts (Université Laval, 1966), d’une maîtrise ès arts (Université McGill, 1968) et d’un doctorat ès lettres (Université d’Aix-Marseille, 1971).
M. John P. Smol – Université Queen’s – Sciences naturelles
L’un des plus grands chercheurs de l’environnement au monde et autorité internationale sur les conditions de l’eau douce de l’Arctique et les changements climatiques, John P. Smol a fait d’importantes contributions à la compréhension mondiale des enjeux environnementaux de la planète.
M. Smol, pionnier du domaine de la paléolimnologie en Amérique du Nord, a transformé une étude principalement descriptive des répercussions naturelles et humaines sur les lacs en une science quantitative reconnue et dotée de propriétés analytiques puissantes. Ses recherches novatrices sur l’acidification des lacs et d’autres formes de pollution, les changements d’utilisation du sol et les changements climatiques (p. ex., la disparition d’écosystèmes entiers dans l’Extrême-Arctique en raison du réchauffement récent) ont modifié à jamais la perception des effets des activités humains sur l’environnement naturel et ont entraîné la création de politiques publiques et de programmes importants dans le monde entier. Il a réalisé des découvertes d’une importance capitale, a élaboré des techniques et des protocoles de recherche novateurs, et a publié plus de 350 articles de revue et chapitres de livre, ainsi que seize livres, y compris le fameux manuel intitulé Pollution of Lakes and Rivers:
A Paleoenvironmental Perspective. Ses rôles de leadership en rédaction, notamment comme rédacteur en chef et fondateur du
Journal of Paleolimnology (de 1987 à 2007), et rédacteur actuel des Dossiers environment et de la série d’ouvrages Developments in Paleoenvironmental Research, confirment sa notoriété dans le domaine.
M. Smol a servi de mentor à de nombreux chercheurs influents d’aujourd’hui, à la fois comme professeur du département de biologie et de l’École des études environnementales de l’Université Queen’s, où il est également titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les changements environnementaux, et comme directeur et fondateur de la Paleoecological Environmental Assessment and Research Lab (PEARL), également située à l’Université Queen’s.
M. Smol a obtenu de nombreux et prestigieux prix nationaux et internationaux, tels que la médaille d’or Gerhard Herzberg, remise au meilleur chercheur ou ingénieur du Canada. Né à Montréal, il est titulaire d’un baccalauréat ès sciences (Université McGill, 1977), d’une maîtrise ès sciences (Université Brock, 1979) et d’un doctorat en philosophie (Université Queen’s, 1982). Il a également reçu un doctorat honorifique en droit de l’Université St. Francis Xavier et un doctorat honorifique de l’Université d’Helsinki.
M. Ernest J. Weinrib – Université de Toronto – Sciences sociales
Ernest Weinrib est la sommité canadienne de la théorie du droit et l’un des plus grands chercheurs au monde dans le domaine du droit privé. Il a remanié la nature de la responsabilité civile en attirant l’attention sur la signification morale du droit plutôt que sur son utilité instrumentale.
La théorie de la justice commutative de M. Weinrib a transformé le discours juridique universitaire en apportant une nouvelle compréhension de la moralité distinctive du droit privé. L’application de cette théorie au droit de la responsabilité délictuelle et à d’autres arguments de la responsabilité a joué un rôle essentiel dans les débats universitaires contemporains, au Canada et à l’étranger. Son travail aborde des questions fondamentales sur la relation entre le droit, la liberté et la rationalité, et présente de nouvelles idées concernant la nature de la cohérence juridique, les limites de la compétence judiciaire, l’autonomie du raisonnement juridique et la relation entre la doctrine du droit et la théorie du droit. En jumelant l’analyse juridique et philosophique, il est devenu un précurseur dans le domaine des études interdisciplinaires en droit au Canada.
M. Weinrib enseigne à l’Université de Toronto depuis le début de sa carrière de chercheur, en 1968. Il est actuellement professeur universitaire et titulaire de la chaire Cecil A. Wright en droit. Il est l’auteur d’écrits diversifiés et nombreux, tels que l’œuvre révolutionnaire The Idea of Private Law (traduite en chinois), le recueil de jurisprudence novateur Tort Law: Cases and Materials (1997, 2003, 2008), et divers autres essais et articles influents. Il a également été professeur invité en droit à l’Université de Tel-Aviv et à la Yale Law School.
Membre de la Société royale du Canada, M. Weinrib a reçu de nombreux prix prestigieux pour ses recherches et ses qualités d’enseignant. En 2008, il a été élu membre honoraire étranger de l’American Academy of Arts and Sciences, une distinction rarement accordée à un Canadien. M. Weinrib détient un baccalauréat ès arts (arts classiques, Université de Toronto, 1965), un doctorat en philosophie (philologie classique, Harvard University, 1968) et un doctorat en droit (Université de Toronto, 1972).
Renseignements généraux
Outre son rôle premier de promouvoir et de favoriser les arts, le Conseil des arts du Canada administre plusieurs bourses et prix prestigieux en art, sciences humaines, sciences sociales, sciences naturelles, sciences de la santé, génie et gestion des arts. Ces prix et bourses reconnaissent les réalisations d’artistes, chercheurs et administrateurs canadiens exceptionnels. Le Conseil des arts du Canada s’est engagé à accroître la sensibilisation du public envers ces personnes et organismes d’exception et à leur rendre hommage à l’échelle nationale comme internationale.
Pour consulter la liste des 15 membres du Comité de sélection, laquelle comprend des scientifiques, chercheurs et experts, cliquez ici. La liste compte aussi les fiduciaires Killam qui suivent le processus de sélection de près.
Pour obtenir une liste complète de ces prix et bourses, veuillez consulter notre site web/
Pour obtenir plus de renseignements sur ces prix et bourses et modalités de mise en candidature, prière de communiquer avec Joanne Larocque-Poirier, chef, Prix et dotations, au 613‑566-4414 ou au 1‑800‑263‑5588, poste 5041, ou par courriel, ou Luisa Guglielmo, agente de programme, Prix et dotations, au 613‑566-4414 ou au 1‑800‑263‑5588, poste 4086, ou par courriel.