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Communiqués - < 2000

Mary Pratt remporte le Prix Molson dans les arts du Conseil des arts du Canada

Ottawa, le 19 mai 1998 - Le Conseil des arts du Canada est heureux d'annoncer que l'artiste-peintre Mary Pratt est la lauréate du Prix Molson dans les arts de 1997 du Conseil des arts du Canada.

Le Conseil des arts du Canada décerne tous les ans deux Prix Molson d'une valeur de 50 000 $ à des personnalités canadiennes du monde des arts et des sciences humaines, dont il reconnaît ainsi la longue et exceptionnelle contribution à la vie culturelle et intellectuelle du Canada. Le lauréat du Prix Molson en sciences humaines de 1997 du Conseil des arts du Canada est le distingué sociologue Guy Rocher de l'Université de Montréal.

Établis en 1964, les Prix Molson du Conseil des arts du Canada sont financés par le revenu d'une dotation que le Conseil a reçue de la Fondation Molson et qui est actuellement évaluée à 2,3 millions de dollars. Le Conseil des arts du Canada administre les prix, dont les deux lauréats sont choisis par un jury à l'issue d'un processus de mise en candidature. Pour les Prix Molson de 1997, Donna Scott, présidente du Conseil des arts du Canada, présidait les délibérations qui ont abouti au choix du lauréat dans le domaine des arts, et Patricia Demers, vice-présidente du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, présidait celles qui ont porté sur le choix du lauréat dans le domaine des sciences humaines. Le jury se composait de Pierre Fortin, professeur en sciences économiques à l'Université du Québec à Montréal; Jane Millgate, professeure d'anglais à l'University of Toronto; J. Mavor Moore, dramaturge, metteur en scène, comédien et réalisateur de Victoria; Jean-Louis Roux, comédien et metteur en scène de Montréal; David E. Smith, professeur au département de sciences politiques de l'University of Saskatchewan; et Joyce Zemans, professeure en arts visuels et en études administratives de York University.

En décidant d'octroyer le prix à Mary Pratt, le jury a déclaré ce qui suit : «Par son travail d'artiste-peintre, Mary Pratt célèbre une vision canadienne unique, à la fois contemporaine et universelle, qui parle à un public étendu et diversifié dans tout le pays. Ses remarquables réalisations artistiques l'ont placée au premier plan de l'art contemporain canadien. Le Prix Molson reconnaît sa détermination à maintenir sa vision créatrice au cours de près d'un demi-siècle; sa capacité d'enrichir la vie des Canadiens et de lui donner un sens; et son infatigable dévouement à la vitalité culturelle du Canada.»

Outre son rôle premier de promouvoir et de favoriser les arts au Canada, le Conseil des arts du Canada administre et attribue un certain nombre de prix prestigieux dans les arts, en sciences humaines, sciences naturelles et sciences de la santé, et en génie, dont le Prix Glenn-Gould, les Prix Killam, les Prix littéraires du Gouverneur général et les Prix Molson du Conseil des arts du Canada.

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MARY PRATT

Mary Pratt est née en 1935 à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, et très jeune a décidé de devenir artiste-peintre professionnelle. En 1961, elle a obtenu un baccalauréat en beaux-arts de Mount Allison University, où elle a été l'élève d'Alex Colville, de Lawren P. Harris et de Ted Pulford, qui ont tous exercé une grande influence sur sa carrière. C'est également à Mount Allison qu'elle a rencontré son mari, Christopher Pratt - lui-même éminent artiste canadien. En 1963, tous deux se sont installés à St. Mary's Bay, à Terre-Neuve, où ils ont travaillé et élevé leurs quatre enfants.

Les peintures photoréalistes de Mary Pratt fascinent et attirent depuis trente ans un public de plus en plus important et diversifié. De nombreux thèmes et images - le créatif et le procréatif, l'environnemental et l'oecuménique, le sexuel, le sacrificiel et le subversif - se coudoient dans son oeuvre. Ce sont ses objets de cuisine qui l'ont rendue célèbre - un pouding de Noël dans un moule couvert d'un papier d'aluminium solidement retenu par une ficelle, des tranches de truite crue dans un sac de plastique, des pots de gelée de gadelles rouges. Mary Pratt recherche une certaine qualité, qu'elle appelle &laqno;réalité vicieuse», dont un aspect est l'image récurrente du sacrifice : poisson saignant, papier qui brûle, poulets éviscérés, morceaux de coquilles d'oeuf, quartiers d'orignal écorché, suspendus par des cordes sur fond blanc glacé.

Depuis qu'elle s'est instituée artiste professionnelle au cours des années cinquante, Mary Pratt n'a jamais dévié de son intérêt primordial. Elle ne cherche pas uniquement à transformer les objets et rites domestiques en mythes de sa vie créatrice. C'est plutôt son art qui structure sa vie, qui éclaire et qui donne un sens et de l'ordre à ses paradoxes, ses zones claires et ses zones obscures. Chaque objet de son monde s'impose par sa présence, mais chacun peut se métamorphoser en une autre forme, un autre commencement, par le sentiment aigu que crée l'action vivifiante, sensuelle de la lumière sur les surfaces. Par sa remarquable habileté à recréer cette expérience dans son art, l'artiste transforme le mythe dans sa vie.

Les oeuvres de Mary Pratt ont été exposées dans la plupart des grandes galeries du Canada et reproduites dans plusieurs livres et magazines. Depuis les années soixante-dix, elle est reconnue dans tout le pays tant par ses peintures que par le rôle actif qu'elle joue dans les affaires culturelles. Elle a fait partie de nombreux conseils d'administration et s'est vu décerner des doctorats honorifiques par des universités de tout le pays. Elle a reçu entre autres distinctions la Médaille commémorative de la Conférence canadienne des arts pour sa contribution à la vie artistique du Canada et elle a été nommée Compagnon de l'Ordre du Canada en 1997. En 1995, la Beaverbrook Art Gallery de Fredericton a organisé, en vue d'une tournée nationale, une rétrospective intitulée The Art of Mary Pratt: The Substance of Light, d'après le livre du même titre de Tom Smart. Mary Pratt habite actuellement son atelier de St. John's, à Terre-Neuve, où elle travaille et où la visitent ses dix petits-enfants.