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Communiqués - < 2000

Un metteur en scène de Québec remporte le Prix John-Hirsch du Conseil des arts du Canada de 1998

Ottawa, le 7 mai 1998 - Le Conseil des arts du Canada a annoncé aujourd'hui que Philippe Soldevila est le lauréat du Prix John-Hirsch du Conseil des arts du Canada de 1998. D'une valeur de 6 000 $, le prix lui sera remis le 26 mai prochain dans le cadre du Carrefour international de théâtre.

Le Prix John-Hirsch est attribué chaque année à un nouveau metteur en scène très prometteur qui fait preuve d'une vision artistique originale. Des mises en candidature sont sollicitées du milieu du théâtre professionnel canadien et un comité d'éminents artistes du théâtre choisit le lauréat.

Doté par un legs de la succession de John Hirsch, le prix rend hommage à l'extraordinaire contribution de M. Hirsch au théâtre canadien, à titre notamment de fondateur du Manitoba Theatre Centre, de chef du département de théâtre à la télévision anglaise de Radio-Canada et de directeur artistique du Festival de Stratford.

Le comité de sélection du Prix John-Hirsch était composé de Louise Côté (Québec), Luce Pelletier (Longueuil), André Perrier (Hull) et Yves Sioui Durand (Montréal). En choisissant Philippe Soldevila, le comité a voulu souligner l'originalité de sa démarche artistique qui réside dans un travail de recherche sur la mise en espace et sur le rapport scène/salle. Le comité a par ailleurs reconnu en Soldevila un créateur engagé qui chemine vers la maîtrise de son art en tentant d'en renouveler le language et en se donnant constamment des défis.

Philippe Soldevila

Né en 1962, Philippe Soldevila a obtenu un baccalauréat en littérature française à l'Université Laval et un baccalauréat en théâtre à l'Université d'Ottawa. Puis, il a étudié au Conservatoire d'art dramatique du Québec où il a rencontré Simone Chartrand, avec qui il a fréquemment collaboré par la suite.

Directeur artistique du Théâtre Sortie de Secours depuis sa fondation en 1989, c'est surtout là qu'il travaille comme metteur en scène et parfois comme auteur ou adaptateur, que ce soit pour des créations originales ou pour actualiser certains textes. Il a également été assistant metteur en scène avec Robert Lepage pour des productions du

Théâtre Repère ou de Ex Machina présentées tant au Canada qu'à l'étranger, ce qui lui a permis d'entrer en contact avec des acteurs de différents pays (Allemagne, Suède et Japon). Depuis quelques années, il enseigne le théâtre à l'Université Laval.

En tant que metteur en scène, Philippe Soldevila s'est fait remarquer tant par la direction d'acteurs que par l'utilisation de l'espace scénique. Il explique ainsi son travail dans son énoncé artistique: « J'ai développé une approche minimaliste de la mise en scène. En misant sur le texte, sur le jeu de l'acteur et sur l'exploitation maximale de décors extrêmement dépouillés, j'ai toujours tenté de me rapprocher de l'essence de la représentation théâtrale. En suggérant des espaces dramatiques plutôt qu'en les démontrant, je m'oblige constamment à faire appel à mon imagination ainsi qu'à celle du spectateur. »

Au cours des dernières années, il a mis en scène à Québec des pièces qui ont connu succès et rayonnement, dont Tauromaquia et Le Miel est plus doux que le sang, au Théâtre Sortie de secours; Faust, pantin du diable, aux Productions Mordicus; Le Piège, terre des hommes, au Théâtre Paradoxe; Les Parents terribles, co-produite par le Théâtre du Trident et le Centre national des arts; et Agnès de Dieu, au Théâtre de la Bordée.

M. Soldevila a reçu le prix de la meilleure mise en scène (1995-1996) du Conseil de la culture de la région de Québec pour Le Miel est plus doux que le sang, qui a également été en lice pour un prix dans les catégories Révélation de l'année, Prix du public et Meilleure production à Québec au Gala des masques de 1995. Plus récemment, Le Piège, terre des hommes se voyait attribuer le prix « Spectacle de l'année 1996-1997, Québec » par l'Association québécoise des critiques de théâtre.

Philippe Soldevila a l'intention d'utiliser le Prix John-Hirsch pour continuer à développer son language scénique et son travail dramaturgique à l'intérieur des productions théâtrales, tout en poursuivant ses collaborations avec des acteurs et des créateurs d'autres régions.

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