40E RAPPORT ANNUEL 1996 - 1997 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| RAPPORT DU DIRECTEUR Les artistes avant tout | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Le fait de vivre au seuil d'un nouveau siècle, sans parler d'un nouveau millénaire, est à la fois excitant et impressionnant. L'avenir paraît plein d'incertitude à certains, riche en possibilités à d'autres. Je crois qu'une institution qui a la détermination et la prévoyance d'évoluer avec son environnement sera une force positive dans la société de demain. Le Conseil des Arts du Canada fait partie de ces institutions et durant mon mandat de trois ans à sa direction, il s'est préparé au nouveau millénaire. Quand j'ai assumé mes fonctions en juin 1994, le Conseil faisait face à des défis difficiles. En dépit des besoins croissants de la communauté artistique, le budget de ses programmes venait d'être réduit de 10 p. 100 et on s'attendait à d'autres réductions de son crédit parlementaire après l'examen des programmes du gouvernement. Malgré les succès phénoménaux des artistes canadiens, le Conseil semblait rapidement perdre sa place de principal organisme fédéral d'aide aux arts du Canada. La présidente Donna Scott, le conseil d'administration et moi-même avons reconnu à notre première réunion l'urgence d'un plan stratégique pour réduire les coûts de l'administration (22 p. 100 du budget total) et rationaliser le fonctionnement du Conseil. Avant tout, il fallait nous donner une vision convaincante pour l'avenir, afin de réaffirmer clairement que les arts sont une force vitale de la société canadienne, que l'importance de leur contribution à notre bien-être social et spirituel continuera à croître avec les années, et que le Conseil des Arts du Canada est un instrument national essentiel au soutien de cette croissance et de cette évolution. Nous avons examiné à la loupe toutes les activités du Conseil, tant ses programmes que son fonctionnement. Certains principes, toutefois, sont demeurés intouchables, notamment l'autonomie du Conseil, parce qu'elle protège ses décisions artistiques des pressions de l'extérieur, et l'évaluation par les pairs, pierre angulaire de l'attribution des subventions. Il est très clair pour moi que la force et l'efficacité du Conseil dépendront du respect et de l'observation de ces principes. Le Plan stratégique du Conseil, Vers une nouvelle perspective, publié en mars 1995, s'est attaqué de front aux défis à relever. Nous avons été encouragés par le fait que le gouvernement fédéral n'a réduit notre crédit que de 2,5 p. 100 cette année-là, sensiblement moins que celui d'autres organismes et ministères. C'est manifestement un résultat de la préparation de ce plan. Nous nous sommes fixé deux objectifs financiers : maintenir au même niveau le budget des subventions et réduire nos coûts d'administration de près de la moitié. Nous nous sommes engagés, en dépit des incessantes réductions, à faire passer avant tout les artistes et les organismes artistiques en protégeant le budget des subventions. Nous avons réussi à respecter cet engagement -- le budget des subventions est au même niveau depuis trois ans -- en restructurant la Division des arts et certains services administratifs, en diminuant notre effectif et en rationalisant l'administration des programmes. Réduire les dépenses d'administration du Conseil ![]() ![]() Depuis la publication de son Plan stratégique en 1995, le Conseil a
Une nouvelle structure pour servir les artsAu cours de l'année, nous avons abordé la deuxième étape de la restructuration du Conseil en accordant plus d'importance à la création, à la production et à la diffusion des arts. Conformément au but du Plan stratégique d'accorder une plus grande priorité aux tournées et à la diffusion, le Conseil a consolidé les programmes d'aide aux tournées au sein de cinq services (Musique, Danse, Théâtre, Arts médiatiques et Arts visuels; le Service des lettres et de l'édition avait ses propres programmes de diffusion). Le Conseil croit toujours aussi fermement que les tournées et la diffusion font partie intégrante de son mandat et il a accru le budget de ces activités de près d'un million de dollars en 1996-1997. En intégrant les tournées aux services des arts, nous pensons donner à l'activité essentielle qu'est la présentation des oeuvres des artistes canadiens au public la place qui lui revient dans le continuum artistique, à côté de la création et de la production. Amélioration de l'administration des programmesLe Conseil a aussi rationalisé ses programmes et simplifié les modalités des demandes. Il est profondément engagé envers les artistes et reconnaît la nécessité de veiller à ce que les programmes qui leur sont destinés soient accessibles et justes. Nous avons établi une date limite par année par programme (à l'exception des programmes d'aide aux tournées et à la diffusion et des subventions de voyage), et simplifié et uniformisé les formulaires de demande. Les artistes et les organismes artistiques auront bientôt accès à des programmes plus cohérents, dont les critères seront plus clairs et dont le processus d'examen par les pairs sera plus transparent. Les programmes seront gérés de façon plus efficiente, le maximum des ressources allant aux artistes, ce qui a été notre objectif tout au long de ce processus. Nouvelles initiativesLe Conseil a en outre pris des mesures novatrices, à la suite du Plan stratégique, pour le développement des artistes de talent. Deux de ces initiatives s'adressent aux artistes des Premiers Peuples. Le Service du théâtre a mis sur pied un programme provisoire pour soutenir l'infrastructure des organismes de théâtre des Premiers Peuples. Durant l'année, le Service établira à l'intérieur des programmes existants des critères pour le soutien des buts à court et à long termes des artistes et organismes de théâtre des Premiers Peuples. De son côté, le Service des lettres et de l'édition a créé le programme Littérature écrite et orale des Premiers Peuples, destiné à soutenir les projets d'écrivains et conteurs des Premiers Peuples, ou de maisons d'édition, périodiques et collectifs dirigés par des Autochtones. Le Conseil donne ainsi suite à son engagement d'aider les artistes et organismes artistiques des Premiers Peuples à atteindre l'excellence dans leurs formes d'expression tant nouvelles que traditionnelles. Nouvelles orientations sur le plan de la défense des artsDans son Plan stratégique, le Conseil s'est fermement engagé à défendre les arts, pour les placer au centre du débat social, économique et politique à l'échelle nationale. Son 40e anniversaire a été une occasion exceptionnelle à cet égard. Le conseil d'administration et le personnel ont saisi toutes les chances qui se présentaient de parler des réalisations du Conseil, de la façon dont quarante années d'aide publique continue aux arts ont révolutionné notre vie culturelle et rehaussé la réputation internationale du Canada. Le point déterminant a été la fête sur la Colline parlementaire, le 19 mars, à laquelle d'éminents artistes de tout le pays ont participé, malgré leur horaire chargé, et ont dit aux députés et aux sénateurs ce que le Conseil avait été pour leur carrière. D'autre part, des organismes artistiques de tout le pays préparent des activités qui reconnaissent l'anniversaire du Conseil et montrent l'importance de son aide dans leur communauté. Nous croyons que notre message est entendu, grâce à cet énorme effort concerté. Notre approche plus dynamique, particulièrement auprès du grand public, a contribué à modifier l'attitude envers le Conseil et envers l'importance de l'aide publique aux arts, surtout au niveau fédéral. Toutefois, nous n'osons pas nous reposer sur nos lauriers. Il ne faut jamais cesser de dire que les arts sont un élément vital de notre vie sociale, dont la créativité, la couleur et la passion sont essentielles à la qualité de notre vie. L'aide publique est ce qui rend tout cela possible. Pour assurer la pertinence du ConseilPour que le public accepte que ses impôts servent à soutenir les arts, il doit croire que les arts ont une place dans sa vie. Je suis particulièrement heureux du programme pilote Les artistes et les communautés que nous avons lancé ce printemps. Il s'agit d'un partenariat unique entre divers paliers de gouvernement et le secteur privé, qui crée des occasions de collaborations novatrices entre des artistes professionnels et des groupes communautaires, et qui met le processus de la création au service de la communauté en général. Le programme mettra les artistes en contact avec des communautés qui n'ont peut-être pas facilement accès aux arts, et il renforcera les liens entre les artistes et le public. Le modèle semble avoir de l'avenir et nous espérons que ce sera une source d'inspiration pour les jeunes, dont bon nombre cherchent désespérément des débouchés pour leur énergie créatrice. Je suis fier également du Fonds pour les générations futures que nous avons lancé cette année. Ce Fonds, qui rappelle les fonds des anciens dans les universités, permet aux anciens bénéficiaires de subventions et au public d'investir dans nos artistes de demain. Il viendra en aide à ceux qui soumettent une demande pour la première fois au Conseil. Tout geste, si petit soit-il, sera un puissant message d'engagement personnel aux yeux des gouvernements. Un Conseil prêt à affronter l'avenirAu terme de mes trois années à la direction du Conseil, je crois que le Conseil est en meilleure position pour servir les artistes et soutenir la façon dont ils travailleront demain. Les entreprises artistiques fonctionnent maintenant dans un environnement mondial elles aussi. La technologie a aboli les frontières et accru l'accès aux oeuvres artistiques d'une façon jusqu'ici jugée impossible. Or ces vastes systèmes de distribution ont besoin de matière. Les Canadiens doivent se poser des questions : Voulons-nous faire partie de ce marché mondial? Voulons-nous partager nos propres histoires, ou nous contenterons-nous d'écouter celles de gens d'autres cultures? La meilleure façon, et la façon la plus efficace de se tailler une place dans cet univers international est de développer notre ressource naturelle la plus importante, le talent de nos artistes. Si nous négligeons leur développement, nos artistes nous quitteront pour poursuivre leur carrière ailleurs, et le Canada perdra leur contribution. Pour assurer notre avenir comme pays, nous devons continuer à assurer une aide publique à nos artistes. Les artistes canadiens sont une source de fierté pour tous les Canadiens. Et les Canadiens ont aussi raison d'être fiers du Conseil des Arts du Canada, une institution nationale qui les sert depuis quarante ans. Personnellement, je suis ravi d'avoir eu la possibilité de travailler pour cette remarquable institution ces trois années, et d'avoir eu le privilège de travailler avec un conseil d'administration et un personnel si dévoués. Merci à tous. Le directeur, | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Évolution dans les arts :
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