40E RAPPORT ANNUEL 1996 - 1997 | |
| RAPPORT DE
LA PRÉSIDENTE Le Conseil des Arts du Canada -- un fier héritage | |
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«La raison d'être du Conseil des Arts du Canada est simplement d'obtenir et d'assurer une aide stable et la reconnaissance publique aux artistes et organismes artistiques, pour qu'ils continuent à être une source de fierté le siècle prochain.» --Donna Scott, présidente |
Les années 50 sont considérées comme un tournant dans l'histoire culturelle de notre pays. En 1957, le gouvernement fédéral a pris une décision audacieuse et presciente, celle de consacrer des ressources considérables et quelques-uns des meilleurs esprits de cette génération à la stimulation d'un secteur des arts vraiment canadien. Cette année-là, le tout nouveau Conseil des Arts du Canada a été confronté à la réalité d'un pays qui connaissait ou appréciait peu ses artistes, d'une société de l'après-guerre qui risquait de se faire définir par les autres. Pensons à ces pionniers que furent les premiers membres du conseil d'administration du Conseil, au fabuleux héritage qu'ils nous ont laissé et qui enrichit aujourd'hui la vie de tous les Canadiens.
Le conseil d'administration que j'ai eu le privilège de présider ces trois dernières années était conscient que cet héritage -- un secteur des arts vaste, dynamique, exigeant et diversifié, formé tant de créateurs que d'organismes -- faisait face à un autre tournant, fort différent, au seuil du nouveau siècle.
Une conviction inébranlable a été notre point d'ancrage : alors que seuls les artistes créent et produisent les arts que nous aimons tant, les institutions telles que le Conseil des Arts du Canada sont encore des organes essentiels, qui soutiennent, encouragent et façonnent l'environnement de ce travail de création. Mais même si deux générations de talentueux Canadiens ont eu accès à cette aide, nous doutions de la volonté nationale de soutenir une troisième génération -- nos jeunes créateurs, plus nombreux que jamais. Les défis qui attendent demain les arts au Canada sont en effet de taille. Tous les organismes d'aide publique aux arts, après quelques décennies de découverte, de consensus et d'édification, ont connu au cours des années quatre-vingt-dix une période d'examen, de lutte pour survivre et de consolidation, face aux changements massifs qui menacent l'expression indigène et authentique de toutes les nations. Le Conseil des Arts du Canada est-il prêt à relever les défis du prochain millénaire? Notre héritage sera-t-il digne de ceux qui ont amorcé la grande aventure culturelle de notre pays il y a 40 ans? Tout ce que je puis dire, et je le dis sans équivoque, c'est qu'un groupe remarquable de membres du Conseil ne cesse depuis trois ans de chercher des réponses positives à ces questions fondamentales. Ce groupe d'artistes et de personnes hautement éclectiques, provenant de diverses régions et passionnément dévoués à la cause des arts a entrepris de repenser la vision originelle, pour que notre héritage culturel survive et prospère au-delà de l'an 2000. Nous avons pris des décisions difficiles, en collaboration avec le directeur et avec un personnel professionnel de premier ordre. Comme dans toute initiative de gestion institutionnelle productive, le conseil d'administration a défendu les intérêts de tous ceux devant qui le Conseil est responsable, notamment les contribuables canadiens dont les intérêts, à notre avis, ont trop souvent été ignorés. Nous savions qu'il fallait les renseigner davantage sur les activités du Conseil et sur l'importance de son travail. Le directeur, un auteur bien connu au pays, s'est fondé sur son expérience unique qui allie un profond engagement envers les arts à une intelligence des réalités de l'administration d'une institution. C'est en outre l'un des meilleurs porte-parole qu'ait jamais eus le Conseil. De son côté, le personnel du Conseil nous a fait bénéficier de sa connaissance unique des arts au Canada. Il s'est montré remarquablement disposé à faire des changements qui ont eu des répercussions profondes tant sur ses façons de procéder que sur les milliers de bénéficiaires de subventions, les artistes et les organismes artistiques canadiens. Nous avons fait beaucoup de progrès dans notre première et principale initiative -- notre Plan stratégique de mars 1995, intitulé Vers une nouvelle perspective, le plan d'action du Conseil ces deux dernières années. La mise en oeuvre systématique de ce Plan a profondément réorienté les priorités du Conseil et la façon dont il fonctionne et gère ses programmes de subventions. Nous avons suivi un principe primordial -- nous concentrer sur notre «raison d'être». À l'instar d'innombrables autres entreprises qui doivent à la fois améliorer leur productivité à la suite d'une baisse de revenus et veiller à la bonne administration de leurs services dans un contexte en rapide évolution, ce principe nous a bien servis. La raison d'être du Conseil des Arts du Canada est simplement d'obtenir et d'assurer une aide stable et la reconnaissance publique aux artistes et organismes artistiques, pour qu'ils continuent à être une source de fierté le siècle prochain. Le conseil d'administration a suivi une double stratégie pour stabiliser autant que possible le financement des arts. Premièrement, continuer à protéger le budget des subventions en réduisant nos dépenses d'administration et nos frais généraux. C'est sur cette redistribution responsable de nos ressources limitées que nous avons fondé les pressions exercées sur le gouvernement pour obtenir plus de fonds, et nous avons des raisons de croire que cette tactique a porté fruits. Deuxièmement, parler avec plus d'insistance et plus régulièrement aux principaux intéressés, le public canadien, des avantages de l'investissement public, soutenu et patient, dans les arts -- notre programme de défense des arts. Cette stratégie a été suivie d'une hausse sensible de notre couverture médiatique et d'une discussion publique de notre mission et de nos activités. Pour mieux honorer et appuyer les créateurs canadiens, nous avons mis en valeur les prestigieux prix et bourses du Conseil, dont les célèbres Prix littéraires du Gouverneur général, les Prix Molson et les prix et bourses Killam. Le Service des prix et dotations administre maintenant plus de 70 prix et bourses. Il fait aussi fonction d'instrument national spécialisé pour les particuliers et les entreprises qui veulent montrer à leur pays qu'ils appuient les arts en dotant de nouveaux prix ou programmes.
Nous estimons que c'est là une voie pleine de promesses pour l'expansion future des ressources du Conseil. Et avec notre nouveau Comité de placements indépendant, dirigé par l'ancien gouverneur de la Banque du Canada, John Crow, nous savons que le Conseil est un intendant digne de confiance des dotations de plus de 200 millions de dollars qu'il gère. D'autres initiatives résultant de notre stratégie de base seront également un atout au cours des années. Elles ont été prises en réponse à un public canadien qui, ce qui n'a rien de surprenant, exige plus des organismes publics. Le conseil d'administration croit que les arts que le Conseil soutient appartiennent à tous et que tous devraient pouvoir en bénéficier. Notre intervention doit refléter non seulement les nouvelles pratiques des artistes, mais aussi les différentes façons dont les Canadiens consommeront les arts dans un avenir multidimensionnel. Nous croyons fermement que si nous n'encourageons pas nos artistes à créer, ce que les nouvelles technologies vont véhiculer viendra surtout d'ailleurs. Il y aura peu de possibilités pour les Canadiens, particulièrement les jeunes qui utilisent le plus volontiers les nouveaux médias, de partager et d'échanger des idées, des histoires et des expériences. Nous soutenons depuis longtemps les artistes à la fine pointe de leur pratique et en 1984, nous avons créé le Service des arts médiatiques pour soutenir les artistes du cinéma, de la vidéo et des nouvelles formes d'art qui intègrent les technologies des ordinateurs, des télécommunications et de l'audiovisuel. Suivant notre Plan stratégique, nous avons accru l'aide aux médias électroniques et interdisciplinaires contemporains. À tout prendre, je crois que nous laissons un héritage appréciable et que notre 50e anniversaire sera aussi réjouissant et prometteur que l'ont été les célébrations qui ont marqué notre 40e anniversaire sur la Colline parlementaire le 19 mars 1997. Cet événement, auquel ont participé quelques-uns des meilleurs artistes canadiens et dont il est question ailleurs dans ce rapport, n'était que le début. Au cours de l'année, plus d'une centaine d'organismes artistiques du Canada rendront hommage au Conseil par des concerts, des expositions et des spectacles spéciaux. C'est la meilleure façon de montrer aux Canadiens la contribution du Conseil au succès de nos institutions culturelles les plus chères. J'aime dire à ceux qui célèbrent le 40e anniversaire du Conseil, dans toutes les régions de notre beau pays, que je crois de plus en plus qu'une vie culturelle riche peut être ce qui servira de lien entre toutes ces régions. Plus que jamais, je pense que les arts sont notre meilleur espoir d'unité -- notre plus importante source de fierté, de plaisir et d'enrichissement, et qu'ils peuvent transcender nos différences. La présidente | |
Members of the Board of the Canada Council for the Arts. Standing, left to right: Dean Brinton; Riki Turofsky; François Colbert, Vice-Chairman; Tommy Banks, advisor; John D. McKellar, advisor; Irving Zucker. Seated, left to right: Louis Fortin; Carol Shields; Donna Scott, Chairman; Claudette Lizotte; Patricia Grattan. Absent: Max Wyman, Pierre Boutet. Photo: Glen Brown | |