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ATSA (Action Terroriste Socialement Acceptable)

ATSA, quand l'art passe à l'action, publiée en 1998. Conception graphique : Orangetango

ATSA, quand l'art passe à l'action, publiée en 1998. Conception graphique : Orangetango

 

Origines

Depuis 1998, Annie Roy et Pierre Allard de l’ATSA (Action Terroriste Socialement Acceptable) créent des œuvres qui fusionnent le spectacle, la participation publique et l’imagerie à un discours sociopolitique portant sur les thèmes de la pauvreté, du patrimoine, du consumérisme et de l’environnementalisme. Leur crédo, « quand l’art passe à l’action », sous-tend chacune des productions et installations du groupe. Leur toute première installation leur a été inspirée par les nouvelles de profits record enregistrés par les banques alors que certains refuges montréalais pour les sans-abri n’étaient même pas en mesure d’offrir des chaussettes à leurs clients. L’ATSA a réagi avec la Banque à Bas, une installation dans laquelle un guichet automatique géant distribuait des chaussettes aux sans-abri en plein hiver. 

Buts

L’ATSA éveille la conscience du public sur les enjeux sociaux et incite les citoyens à jouer un rôle actif dans l’amélioration de la société. Les messages esthétiques et symboliques de leur art sont des outils d’éducation et d’interaction et un moyen de remettre en question le statu quo. L’ATSA travaille à redonner au citoyen sa place dans la société en représentant l’espace public comme un lieu ouvert à la discussion et au dialogue. L’ATSA cible également les citoyens dans leurs activités quotidiennes afin de susciter une réponse émotionnelle aux problèmes sociaux.

Activités

État d’urgence, un festival interdisciplinaire annuel de cinq jours, constitue l’une des productions de l’ATSA parmi les plus connues et les plus dignes de mention. État d’urgence prend la forme d’un camp de réfugiés temporaire au centre-ville de Montréal afin de protester contre l’itinérance et la dépossession à travers le monde. L’événement comprend de la danse, de la musique, du cinéma, des créations orales, des contes, des ateliers et des arts visuels. L’ATSA s’associe à des organismes communautaires afin de présenter des ateliers et d’offrir un soutien aux marginaux.

Parc industriel (2002) prenait la forme d’un faux site archéologique composé de vestiges fait de matériaux recyclés, et se voulait une critique du gaspillage résultant de notre culture de consommation. Depuis 2003, l’ATSA sillonne le Canada avec Attentat. Cette installation prend la forme d’un VUS qui semble avoir été frappé par une bombe dissimulée sur la route. L’installation comprend également une vidéo et une bande sonore sur la guerre et la dégradation de l’environnement. Change (2008) est un lieu temporaire de commerce de type pop up shop et se veut une intervention interdisciplinaire sur le thème du marketing. Il se veut aussi une plateforme permettant de réexaminer les grands thèmes visés par l’ATSA depuis dix ans dont, entre autres, la mondialisation, la distribution de la richesse et des ressources, le consumérisme, le changement climatique et le patrimoine culturel.

Retombées

Les œuvres du collectif sont des catalyseurs de changements sociaux. L’ATSA a reçu le prix Citoyen de la culture 2008 remis par Les Arts et la Ville. Le groupe a été nommé Artiste pour la paix 2008 pour ses dix années d’art engagé. En 2010, l’ATSA a remporté le prix Pratt and Whitney Canada du Conseil des arts de Montréal (Nature de l’art).