Geist : Rubriques d'un pays qui ne serait pas
« Geist, une revue de Vancouver qui explore les arts et la culture au Canada, aime explorer les aires limitrophes, la zone grise des régions (les Prairies ou l'Ouest?), des expressions (un pack de six ou une demi-douzaine?), des formes d'art (arts visuels ou bandes dessinées?), des genres (roman ou essai?). Pour nous, ces zones sont le tissu connectif de notre culture; le matériau qui nous relie les uns aux autres, qui nous inspire pour inventer, réinventer et imaginer à nouveau notre pays. »
La dernière zone grise dans l'univers des magazines culturels, est le territoire qui sépare la page de l'écran. Geist a été lancé par une équipe qui, dans sa jeunesse, n'avait pas la télévision à la maison, encore moins un ordinateur. Voilà, sans doute, la cause de leur passage tardif à l'édition électronique.
Quelles ont été les étapes de leur initiation ? Un, comprendre que l'édition électronique n'est pas simplement le pendant numérique de l'édition classique. Deux, réaliser que les lecteurs aiment accéder à du contenu littéraire et culturel par le biais d'Internet. Trois, saisir la notion d'interactivité. Quatre, accroître sa présence sur la Toile en collaborant avec un magazine qui prône une indépendance d'esprit similaire, qui est basé au Canada, et qui est virtuel.
Geist a jeté son dévolu sur TheTyee.ca (Vancouver), un magazine alternatif qui se spécialise dans le journalisme d'enquête et que consultent, chaque mois, de 400 000 à 600 000 internautes.
Avec le soutien du Conseil des arts du Canada, Geist a fourni à The Tyee le contenu d'un volet littéraire et culturel. Il a puisé dans sa vaste banque d'un millier d'histoires, d'essais, de poèmes et de près de 900 critiques de livres, et a commandé de nouveaux articles et de nouvelles œuvres pour alimenter expressément The Tyee.
Cette collaboration a permis à Geist de conquérir de nouveaux abonnés… et de contribuer plus activement à la vie littéraire du pays. D'autres avantages étaient inattendus : une internaute a commenté récemment une critique de livre qui avait été imprimée pour la première fois dans le numéro 14, il y a une quinzaine d'années.
Voilà qui est de bon augure pour tous ces livres qui méritent d'être lus!