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Roo Borson : la grandiose symphonie d’une poésie

Roo Borson : la grandiose symphonie d’une poésie

Roo Borson, lauréate 2004 du Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie poésie de langue anglaise, pour  Short Journey Upriver Toward Ōishida (photo : Sue Schenk)

 

 

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Dans un article du Washington Post datant de 1998, le poète américain Robert Hass, ancien lauréat de la Academy of American Poets, dit de Roo Borson qu’elle est l’« un des poètes canadiens les plus connus de sa génération [et qu’elle a] une écriture limpide, un esprit clair et une imagination sombre et musicale ».

Considérée comme une pionnière de la poésie en prose au Canada et acclamée par la critique, Roo Borson a conquis de fidèles lecteurs tant au Canada qu’aux États-Unis grâce à sa confiance dans l’expérience de la vie, son utilisation de la mémoire et son amour inconditionnel pour la sonorité des mots.

« Lire Roo Borson, c’est comme découvrir la couleur dans des photographies noir et blanc, ou assister à la floraison foisonnante et féconde de terres jadis stériles », écrit, en 2004, Jenny Boully, critique de poésie pour la revue Maisonneuve.org, dans un texte sur la plus récente publication de l’auteure, Short Journey Upriver Toward Ōishida.

Quelques lignes tirées de ce recueil marquant illustrent bien la symphonie sensuelle créée par Roo Borson (traduction libre) :

« Sous les saules, au milieu des roseaux arides de l’hiver,
Les grenouilles banjo entament un déconcertant raga,
Une note chacune, les feuilles bruissant et croissant verdoient. »

Roo Borson a été trois fois lauréate d’un Prix littéraire Radio-Canada (deux fois dans la catégorie poésie et une autre dans la catégorie nouvelles). Au cours des 30 dernières années, elle a également figuré à trois reprises sur les listes des Prix littéraires du Gouverneur général en poésie : comme finaliste, en 1984, pour The Whole Night, Coming Home (publié chez McClelland & Stewart Ltd., Toronto), et, en 1995, pour Night Walk (Oxford University Press, Toronto); et, enfin, en 2004, comme lauréate, pour Short Journey Upriver Toward Ōishida (McClelland & Stewart ltd, Toronto).

Lors de la remise des Prix littéraires du Gouverneur général, le jury a dit de l’ouvrage de Roo Borson qu’il était « un tout organique qui résonne à des niveaux spirituels profonds, faisant se côtoyer le quotidien et la transcendance, [et qui] invite le lecteur à un voyage contemplatif rempli de rencontres imaginaires avec la mort, l’amour, la beauté, la créativité et le mystère du monde concret ».

Short Journey est le onzième recueil de poèmes publié par Roo Borson depuis 1977, époque où elle quittait les États-Unis pour s’établir au Canada. Née en 1952 à Berkeley, en Californie, Ruth Elizabeth Borson a obtenu un baccalauréat ès arts du Goddard College, au Vermont, et une maîtrise en création littéraire de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), à Vancouver.

Publiée sous son nom de plume, Roo Borson, son œuvre figure aussi dans plusieurs anthologies, notamment dans The New Oxford Book of Canadian Verse, The Norton Introduction to Literature et The Morningside Papers.

Roo Borson a, de surcroît, été écrivaine en résidence à l’Université de Western Ontario, à London, à l’Université Concordia, à Montréal, au collège Green de la UBC et à l’Université de Toronto. Elle est par ailleurs cofondatrice, avec son compagnon de vie et d’écriture poétique Kim Maltman (lequel est aussi physicien à l’Université York), du collectif littéraire Pain Not Bread.

Timothy Findley, un des flambeaux de la littérature canadienne, a dit un jour de l’œuvre de Roo Borson qu’elle « crée une irrésistible atmosphère d’émerveillement ». Elle le fait pour ses lecteurs et pour elle-même, découvrant de nouvelles manières de capter le monde et d’en évoquer de nouveaux.

Peut-être est-elle l’un de ces poètes-villageois d’Ōishida qui recherchaient les sages conseils de Basho, poète-voyageur japonais du XVIIe siècle. Son sens du merveilleux nous y fait pénétrer.

« Qu’y a-t-il ensuite, vous demandez-vous? » et son poème Ten Thousand (1994) de conclure : « Demandez-le dix mille fois ».

- traduction du texte de Christopher Guly