Santee Smith, la passion de la danse

La danseuse Santee Smith, lauréate d'un Prix Victor-Martyn-Lynch-Saunton 2006 du Conseil des Arts du Canada. Photo : Don Lee / Banff Centre
Histoires d'artistes
S’inspirant des traditions spirituelles de son héritage haudenosaunee, Santee Smith exprime son identité par le biais de la danse.
Née en 1971, à Hamilton, dans le clan de la tortue de la Nation mohawk des Six-Nations, près de Brantford (en Ontario), Santee Smith découvre très tôt la danse. À l’âge de trois ans, elle suit des cours de ballet; en 1982, elle entre à l’École nationale de ballet du Canada, à Toronto, et y travaille la rigoureuse méthode Cecchetti jusqu’en 1988.
Ensuite, Santee Smith a étudie le mouvement et obtient un baccalauréat en éducation physique (spécialité kinésiologie) à l’Université McMaster de Hamilton et une maîtrise ès arts en danse de l’Université York de Toronto.
En 1996, dotée d’une solide formation, elle commence à créer ses propres chorégraphies afin de saisir comment la danse peut toucher l’âme du danseur et du public « en se concentrant sur la transformation, la communication et le mouvement expressif ».
Dans Here on Earth, Santee Smith puise dans le récit iroquois de la création pour explorer la Terre en tant qu’organisme vivant et sacré et en tant que mère. Quatre êtres primaires voyagent depuis le ciel pour toucher la Terre et se lancer dans des voyages de découverte et de transformation. Loué par Paula Citron, critique du Globe and Mail, cet hymne à notre planète illustre les fractures sociales et les dysfonctionnements que les hommes et les femmes engendrent lorsqu’ils ne considèrent pas la Terre et son esprit comme sacrés.
Qualifiée de célébration de la danse et du chant iroquois contemporains, Kaha:wi (prononcez Ga-ha-wi) est l’œuvre de Santee Smith la plus connue, la plus saluée par la critique et, sans doute, la plus personnelle. Fruit de quatre années de préparation, le spectacle est lancé en 2004 (Kaha:wi, qui signifie « elle porte » en mohawk, est également le nom de la grand-mère de Smith, décédée en 1998 juste avant la naissance de la fille de la chorégraphe, Semiah Kaha:wi).
Au rythme d’une bande son de chants iroquois et avec une troupe de 10 danseurs, la production retrace le cercle de vie de trois générations de femmes : une grand-mère meurt et sa petite-fille donne naissance à sa fille – soulignant, pour reprendre les termes de Santee Smith, « le cycle de vie continu et les femmes qui, elles, sont intimement liées à la création ».
En 2005, Santee Smith monte sa propre compagnie de danse, la Kaha:wi Dance Theatre. Selon Santee Smith, fondatrice et également directrice artistique, la mission de la troupe est « de créer et de promouvoir une expression artistique contemporaine qui reflète et honore l’intégrité de l’esthétique culturelle et de la vision du monde autochtones ».
Santee Smith ajoute aussi que « la Kaha:wi Dance Theatre vise à susciter l’intérêt du public pour l’expression artistique autochtone par le biais de la danse et de ses disciplines connexes, soit la musique, le conte, le théâtre et le dessin. » La compagnie a déjà accompli des avancées considérables dans la réalisation de ces objectifs. En juillet 2006, Kaha:wi présente le festival international de trois jours Living Ritual: World Indigenous Dance Festival en deux lieux chers à la chorégraphe : l’Université York, à Toronto, où elle a fait ses études, et le Woodland Cultural Centre, à Brantford, près de l’endroit où elle a grandi et où elle vit désormais. Here on Earth figure alors au programme du Festival.
Pour cet être gracieux qu’est Santee Smith, la danse représente une forme sensuelle d’expression de soi et demeure une « exploration permanente ― un don du Créateur. » Comme elle l’explique : « La danse n’est pas seulement un mode artistique, elle fait aussi partie de mon identité. »
Santee Smith et Kaha:wi amorceront une tournée nord-américaine au début 2007.
- Traduction du texte anglais de Christopher Guly