Robert Archambeau : le plus grand des potiers

Robert Archambeau (photo : Jeff Bruce) Référence : Catalogue des Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques, 2003
Histoires d'artistes
Robert Archambeau décrit son travail de l’argile comme un «procédé de distillation de la magie et du mystère» qui l’entourent. Si l’on insiste pour en savoir davantage, l’artiste manitobain dévoile, avec une certaine réticence, qu’une partie de sa créativité revient à son environnement naturel et farouche, le Bouclier canadien.
À leur «meilleur», dira Archambeau de ses céramiques cuites au feu de bois, elles sont «sereines, riches en détails, détachées du monde terrestre et intemporelles». Nombreuses sont les allégations selon lesquelles il atteint régulièrement ce sommet par l’élégante simplicité de ses créations évoquant des vaisseaux monolithiques.
Les œuvres d’Archambeau, qui font partie d’importantes collections d’institutions culturelles telles que le musée Glenbow, à Calgary, et la galerie d’art de Winnipeg, font en outre l’objet d’expositions spéciales partout au Canada et au Japon. On leur a accolé une vaste gamme d’adjectifs élogieux allant de classiques et humbles à sereines, évocatrices et zen.
Fortement influencé par les traditions esthétiques du Japon, de la Chine et de la Corée, l’artiste révéré comme le plus grand des potiers considère sa passion de l’argile comme la vocation de toute une vie.
Né à Toledo (en Ohio) en 1933, Archambeau joint le Corps des Marines à l’âge de 17 ans. Quatre ans plus tard, il travaille dans une manufacture et économise suffisamment d’argent pour poursuivre ses études universitaires. En 1959, il obtient un baccalauréat en beaux-arts de la Bowling Green State University (en Ohio) puis, en 1964, une maîtrise en beaux-arts de la New York State College of Ceramics, à Alfred (dans l’État de New York).
Après avoir enseigné pendant quatre ans à la Rhode Island School of Design, Archambeau arrive au Canada en 1968 et joint la faculté de l’École des arts de l’Université du Manitoba, où il devient professeur titulaire et chef du département de céramique, jusqu’à sa retraite en 1991.
Le Manitoba (province natale de grand-père paternel) s’est avéré la muse d’Archambeau. C’est dans son studio situé au bord d’un lac et entouré de forêts, à Bissett - modeste collectivité à un peu plus de 250 kilomètres au nord-est de Winnipeg - qu’il s’inspire de la terre pour produire bols, vases, théières et contenants à couvercle dans la douce palette des teintes et des tons de la nature qu’il agrémente d’une «superposition de délicieuses nuances» ou, comme l’a pertinemment souligné un critique, «avec la touche d’un grand chef cuisinier».
Foncièrement original, Robert Archambeau est reconnu partout dans le monde comme maître dans son domaine et, au Canada, comme légende vivante dans l’art de la céramique. En 2003, il est devenu le premier Manitobain à remporter l’un des prestigieux Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques. «Bien que fonctionnelles et solidement enracinées dans leur matière terrestre originaire, a dit de lui le jury, ses céramiques dégagent une sérénité paisible d’une intemporelle et saisissante beauté.»
- Christopher Guly