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Défis actuels dans le secteur des arts et de la culture

Les artistes et organismes artistiques du Canada éprouvent de nombreuses difficultés. Un de leurs principaux défis consiste à convaincre les décisionnaires, les leaders communautaires, les médias et le public du rôle primordial que jouent les arts  dans la qualité de vie des Canadiennes et Canadiens et dans le développement des communautés.

Les gouvernements – le peuple du Canada – ont investi sagement dans les arts et la culture et les retombées ont été prodigieuses, au pays et à l’étranger. Cependant, le maintien des investissements est essentiel au maintien et, mieux encore au rehaussement, du niveau d’activité artistique et culturelle au Canada. 

Une des principales raisons expliquant que  les gouvernements aient investi dans les arts et les activités culturelles est d’assurer à tous les Canadiens un accès aux œuvres de chez nous – les histoires et les points de vue uniques qui contribuent à faire du Canada ce qu’il est. C’est une préoccupation très importante pour le Canada, compte tenu de la proximité États-Unis – le plus important exportateur mondial de produits artistiques et culturels. Le soutien à la culture locale, y compris linguistique, est une préoccupation mondiale et a donné l’impulsion à une coopération internationale en vue de la rédaction d’une Convention internationale sur la diversité culturelle.
(http://portal.unesco.org/culture/fr/ev.php-URL_ID=11281&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html

Les changements démographiques ainsi que les demandes accrues de temps de loisir présentent de nouveaux défis aux organismes artistiques et culturels du Canada. Par exemple, d’ici 2036, un Canadien sur quatre sera âgé de plus de 65 ans,  comparativement à 14 p. 100 en 2009 et, d’ici 2020, l’immigration comptera pour la croissance totale de la population du Canada. En conséquence, pour maintenir et développer de nouveaux publics, les organismes artistiques s’adressent aux communautés culturelles diverses et aux jeunes du Canada.

Le coût abordable est un aspect fondamental de la question de l’accès aux présentations artistiques et culturelles canadiennes – il faut s’assurer que les Canadiens aient les moyens de s’acheter des billets.  C’est particulièrement important depuis qu’on se dispute de plus en plus farouchement  les dollars consentis aux loisirs, même si bon nombre d’organismes artistiques ont dû hausser le prix des billets afin de compenser les baisses des investissements publics et les coûts croissants. Par exemple, dans les années 1990, les billets d’entrée aux établissements du patrimoine ont augmenté de 37 p. 100. Depuis que les frais administratifs de la plupart des organismes des arts de la scène ont été abaissé à tout juste 5 p.100, la seule véritable solution consiste à obtenir de meilleurs investissements des secteurs public et privé. (http://www.statcan.ca/francais/freepub/87F0002XIF/87F0002XIF2006001.htm)  (http://www.statcan.ca/francais/freepub/87F0003XIF/87F0003XIF2006001.htm)

Les perfectionnements de la technologie permettent à un plus grand nombre de Canadiens d’accéder à la riche diversité des présentations artistiques et culturelles du pays. En naviguant sur Internet dans leur foyer, ils peuvent visiter les galeries, musées et organismes des arts de la scène canadiens de renommée mondiale ou en apprendre plus long sur les livres, les films et la musique du Canada. C’est également la nouvelle façon de faire des affaires. Des investissements additionnels sont nécessaires pour faire en sorte que les artistes et organismes artistiques canadiens soient bien préparés à accéder aux possibilités de mettre en valeur leur plein potentiel au pays et à l’étranger.

Bon nombre d’artistes et de travailleurs du secteur culturel sont des travailleurs autonomes et ils n’ont pas accès à d’importants programmes sociaux, tel que l’assurance-emploi. La Conférence canadienne des arts (CCA) – l’organisme national de représentation des arts du Canada – pilote toujours les démarches visant l’obtention de l’assurance-emploi pour les travailleurs autonomes. La CCA a également proposé un revenu moyen tel qu’en fait état son mémoire prébudgétaire 2012. 

Les investissements au titre des arts et des activités culturelles partout au Canada ont permis un  accroissement impressionnant du nombre d’artistes travaillant au Canada et du nombre d’œuvres produites. Ces dernières contribuent à définir le Canada et se gagnent l’admiration des gens au pays et à l’étranger. Cependant, l’offre et la demande concordent de moins en moins. Par exemple, des 9 219 demandes déposées par des artistes en 2011-2012 auprès du Conseil des arts du Canada, seulement  24 pour cent ont obtenu une subvention. Ces investissements ne doivent pas servir uniquement à satisfaire la demande – ils visent à appuyer l’excellence artistique et quantité de demandes sont refusées simplement en raison d’une insuffisance de fonds. Au fil des ans, le Conseil en est venu à se demander : « Quelle autre production aurait pu voir le jour ? Quelle œuvre peut-être sublime a été mise au rancart ? »

On néglige souvent les revenus historiquement faibles des artistes et des travailleurs culturels au Canada. En 2006, le revenu d’emploi moyen au Canada s’élevait à 36 301 $. Pourtant, les comédiens gagnaient en moyenne  17 866 $, alors que les artistes visuels touchaient 13 976 $ et les musiciens et chanteurs, 14 439 $.  Bien que les subventions du Conseil des arts soient très importantes pour les artistes, plus de 70 p. 100 d’entre elles sont inférieures à 10 000 $ – et ce financement doit servir à soutenir une œuvre dont la création s’étendra de quelques mois à une année. En conséquence, une façon appropriée de souligner les réalisations des artistes canadiens serait de donner un nouveau souffle aux investissements du secteur public. (http://www12.statcan.ca/francais/census01/products/standard/themes/)

Allusion à une subvention de 7 000 $ obtenue en 1969 :

« À cette époque, cela devait suffire à ma subsistance pendant une année d’écriture et compte tenu des logis que j’habitais et de ce que je mangeais, c’était presque vrai. Si Dieu n’avait pas créé la pomme de terre, la Terre serait un endroit plus désolant encore pour les jeunes écrivains. … [L’] argent des contribuables qui m’a été versé au moyen de cette minuscule subvention de 7000 $ est peut-être le meilleur investissement qu’ils aient jamais fait. Si j’avais été une action spéculative, toutes les revues financières de la planète m’aurait réévaluée. »

--Margaret Atwood

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