Les arts visuels
- Le legs de la plupart des grandes civilisations réside principalement dans les créations de ses artistes – comme en témoignent les sites historiques d’Athènes, de Rome, de Paris, de Beijing, de Mexico ou de Londres. Souvent considérées comme des trésors sans prix, ces oeuvres aident les gens à mieux saisir et apprécier toutes les facettes de l’expérience humaine. On observe le même enthousiasme pour de nouvelles oeuvres d’art – de grandes œuvres qui sauront peut-être résister à l’épreuve du temps. On a tout lieu de croire que les artistes canadiens feront partie de ce groupe trié sur le volet.
« C’est surtout par sa peinture que le Canada brille dans le domaine des arts à l’étranger aussi bien que chez lui. ... Et cependant, le peintre canadien se voit en face de très graves problèmes. La peinture n’est pas encore devenue complètement, chez nous, un élément généralisé de culture, ce dont souffrent et le peintre canadien et la population en général. ... Si la peinture canadienne a atteint un très haut niveau de qualité, il faudrait au Canada plus de peintres et plus de tableaux. »
Commission royale d’enquête sur l’avancement des arts, lettres et sciences au Canada, 1951, p. 207 http://www.collectionscanada.ca/2/5/index-f.html
- Beaucoup de choses ont changé depuis que la Commission royale d’enquête sur l’avancement des arts, des lettres et des sciences a présenté son rapport sur l’état des arts visuels en 1951 : le secteur représente aujourd’hui un chiffre d’affaires d’un milliard de dollars au Canada, et il occupe quelque 15 000 artistes et 40 000 autres personnes dans des emplois connexes (p. ex., galeries d’art et magasins de détail). En outre, environ 25 p. 100 des Canadiens visitent chaque année un musée d’art.
« Les artistes interprètent et révèlent la complexité des événements qui les touchent d’une manière que nous n’aurions jamais cru possible. Ainsi, les lauréats de 2004 nous éduquent et nous inspirent, ils nous incitent à voir les choses différemment. Énergiques et visionnaires, ils nous ont communiqué, sous de multiples formes, une critique passionnée de notre société. »
John Hobday, directeur Conseil des arts du Canada 3 mars 2004 /nouvelles/communiques/2004/qb127235918565781250.htm
- Sur le marché mondial, le prix des oeuvres d’art peut atteindre jusqu’à 85 millions de dollars US et des oeuvres d’art canadiennes sont parfois vendues 1 million de dollars chacune. Les collections d’oeuvres d’art peuvent valoir des centaines de millions de dollars. Deux récents dons de collections faits à des musées d’art canadiens ont, par exemple, été évalués à plus de 100 millions de dollars chacun.
- Les exportations d’oeuvres d’art canadiennes originales sont passées de 45 millions de dollars en 1996 à 145 millions de dollars en l’an 2000. Les importations d’oeuvres d’art de l’étranger sont, quant à elles, estimées à 100 millions de dollars par année.
- Un ménage canadien sur dix achète des oeuvres d’art originales, les dépenses annuelles moyennes à ce chapitre étant de 400 $. Les ménages dépensent au total un demi-milliard de dollars dans ce domaine. Les ventes aux enchères dépassent 25 millions de dollars par année et le prix de vente moyen est de 5 000 $.
- Bon nombre de Canadiens apprécient les arts visuels – 17 p. 100 d’entre eux s’adonnent aux arts visuels pendant leurs temps de loisirs et ils consacrent 250 millions de dollars à l’achat de fournitures artistiques. Plus de 50 000 Canadiens font du bénévolat dans le domaine des arts visuels; 155 000 sont membres de musées des beaux-arts et plus de 170 000 prennent des cours dans un domaine ou l’autre des arts visuels.
- Les grandes expositions attirent souvent un nombre important de visiteurs. À titre d’exemple, l’exposition Barnes, organisée par le Musée des beaux-arts de l’Ontario, a accueilli 600 000 visiteurs (lesquels ont dépensé 30 millions de dollars); le Musée des beaux-arts du Canada a accueilli quant à lui 340 000 visiteurs lors de l’exposition Renoir (lesquels ont dépensé 32 millions de dollars).
- Le Canada s’enorgueillit de son ensemble impressionnant de collections d’art autochtone. Les Archives nationales du Canada détiennent, par exemple, plus de 300 000 peintures, aquarelles et dessins d’intérêt historique (http://www.collectionscanada.ca/index-f.html ) et la collection de Banque d’oeuvres d’art du Conseil des arts du Canada compte plus de 18 000 oeuvres réalisées par plus de 2 500 artistes canadiens (http://www.artbank.ca/artbank/). Les musées d’art publics possèdent plus de 100 000 oeuvres d’art et ceux qui reçoivent des fonds du Conseil des arts du Canada achètent généralement 500 oeuvres chaque année.
Source des données :
Présence des arts visuels au Canada en 2003 T.J. Cheney Research Inc., mars 2003
Faits saillants du Conseil des arts du Canada
- En 2002-2003, le Conseil a attribué plus de 300 subventions de création et de production - totalisant 3,6 millions de dollars - à des artistes des arts visuels du Canada. De plus, près de 600 subventions de voyages et liées à des expositions ont été accordées par le Conseil afin de contribuer à la promotion d’oeuvres d’art auprès de publics plus larges. Des propriétaires de galeries ainsi que des musées ont en outre également reçu un appui financier du Conseil pour exposer, vendre et acquérir des oeuvres d’art.
- En 2002-2003, la Banque d’oeuvres d’art du Conseil des arts a « offert » 36 oeuvres d’art à des galeries et musées d’un bout à l’autre du Canada dans le cadre des célébrations du 45e anniversaire du Conseil. Ce programme de donation permet d’exposer des oeuvres d’art qui ne sont pas louées et il permet aux galeries et musées d’acquérir d’importantes oeuvres réalisées par des artistes canadiens contemporains. (/nouvelles/communiques/2003/fa127239239562968750.htm)
- Les Prix annuel du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques reconnaissent les réalisations professionnelles remarquables d’artistes visuels et médiatiques du Canada. Créés en 1999, ces prix administrés par le Conseil des arts du Canada permettent de mieux faire connaître les artistes canadiens et leurs oeuvres d’art. On peut consulter une liste cumulative des lauréats de ces Prix.
« Les lauréats de cette année nous montrent un art canadien empreint de profondeur et d’une grande sensibilité, où se manifestent également humour et enjouement, a déclaré la gouverneure générale. Le raffinement de leur travail nous aide à comprendre le processus créatif et ce que cela signifie pour nous tous. »
Son Excellence, la très honorable Adrienne Clarkson, gouverneure générale du Canada, le 3 mars 2004 /nouvelles/communiques/2004/qb127235918565781250.htm
- Les artistes visuels du Canada participent souvent à des expositions à l’étranger et bon nombre se sont ainsi vu décerner des prix internationaux. Janet Cardiff et George Bures Miller ont, par exemple, remporté le premier prix lors de la prestigieuse Biennale de Venise de 2001. (http://www.absolutearts.com/artsnews/2002/12/06/30546.html)
- Le Conseil des arts du Canada accorde chaque année un appui financier à quelque 200 artistes afin qu’ils puissent se rendre à divers endroits dans le monde. Le ministère des Affaires étrangères offre également un appui aux artistes et organismes des arts visuels canadiens et bon nombre d’ambassades font la promotion des artistes canadiens en organisant des réceptions et des installations. Cette forme d’aide est vitale puisqu’il est essentiel d’exposer des oeuvres à l’échelle internationale pour réussir une carrière en tant qu’artiste des arts visuels. Faire connaître les oeuvres d’art canadiennes à l’échelle mondiale correspond également aux souhaits des publics internationaux – comme le montrent les exportations culturelles de plus en plus importantes du Canada. (http://www.dfait-maeci.gc.ca/arts/visual-fr.asp)
« C’est très difficile de percer pour un artiste canadien, sauf s’il crée un type d’art qui n’existe pas ailleurs. Le caractère unique est essentiel pour percer sur la scène internationale. Si vous n’avez pas une touche singulière, les conservateurs choisiront un artiste américain ou européen, parce que ces artistes font partie d’un marché plus accessible. Au fil des ans, l’appui du Conseil des arts et celui des galeries d’art parallèles, qui constituent des espaces idéaux pour établir solidement un mode de travail personnel, m’ont grandement aidée. J’ai donc pu créer une forme d’art unique que personne d’autre n’avait imaginée avant moi. Ainsi, quand j’ai commencé à exposer mes œuvres sur la scène internationale, les gens disaient : « Comment diable se fait-il que nous n’ayons jamais entendu parler de vous, votre œuvre démontre une indéniable maturité. » […] Si vous n’exposez qu’au Canada, la plupart des conservateurs internationaux ne voient pas vos œuvres. En d’autres termes, le solide appui du Canada m’a fortement aidée à acquérir une certaine maturité artistique et à tisser des liens avec des conservateurs canadiens qui ont des entrées sur la scène internationale. »
Janet Cardiff, 2001
- Chaque année, près d’un million d’élèves effectuent des visites dans les musées et galeries publiques des beaux-arts. Ces visites sont importantes pour les parents – 90 p. 100 des habitants de l’Ontario pensent, par exemple, que les élèves devraient chaque année effectuer une visite dans un musée des beaux arts et trois sur quatre pensent qu’il est important de disposer d’un musée ou d’une galerie d’art au sein de sa collectivité. Les musées d’art financés par le Conseil des arts du Canada font état de plus de 30 000 visites offertes aux groupes scolaires chaque année.
- En 2004, le Conseil des arts du Canada a ajouté deux nouveaux endroits - la Künstlerhaus Bethanien, à Berlin, en Allemagne et le SPACE/The Triangle, à Londres, - à son Programme de résidences internationales pour artistes professionnels des arts visuels, qui permet aux artistes de parfaire et de promouvoir leurs œuvres à l’étranger. Parmi d’autres résidences offertes, mentionnons New York, Paris et Port of Spain (Trinidad). (/nouvelles/communiques/2004/xe127250535297500000.htm)
- Le Prix de la dotation York-Wilson est décerné chaque année à un musée d’art canadien ou à une galerie publique afin que puisse être acquise une oeuvre d’art originale réalisée par un artiste canadien. Ce prix a été créé en 1997 à la faveur de dons de Lela Wilson et du regretté Maxwell Henderson. Le prix 2004 a été décerné à la Edmonton Art Gallery pour l’achat de Signs of Breathing de l’artiste albertaine contemporaine Arlene Stamp. (/nouvelles/communiques/2003/cj127245442114531250.htm)
- En 2003, le Conseil des arts a lancé une série de nouvelles initiatives destinées à sensibiliser davantage le public à l’architecture canadienne et à aider les cabinets d’architecture à atteindre l’excellence artistique. Deux nouveaux programmes de financement ont été créés – l’Aide aux praticiens, aux critiques et aux conservateurs d’architecture et l’Aide à la présentation de l’architecture – et un certain nombre de projets pilotes ont été mis sur pied afin que les nouveaux cabinets puissent recevoir une aide sous forme de mentorat. Ces programmes s’inscrivent dans le cadre d’une nouvelle approche visant à accroître l’appui financier du Conseil à l’architecture, en le faisant passer d’environ 500 000 $ chaque année à plus de 900 000 $. (/nouvelles/communiques/2003/wg127245493638125000.htm+)
- Les Médailles du Gouverneur général en architecture visent à reconnaître la qualité exceptionnelle d’oeuvres récentes réalisées par des architectes canadiens. Créés par l’Institut royal d’architecture du Canada (IRAC) et administrés conjointement avec le Conseil, ces prix encouragent l’excellence dans le domaine de l’architecture et ils permettent de mieux sensibiliser le public à l’architecture en tant que force culturelle vitale au sein de la société canadienne. (/prix/mgga/tw127238361675468750.htm)
- La firme de renommée internationale Saucier + Perrotte Architectes, de Montréal, a été sélectionnée dans le cadre d’un concours national avec jury pour représenter le Canada à l’édition 2004 de la Biennale de Venise en architecture – la plus prestigieuse exposition d’architecture au monde. De concert avec le ministère des Affaires étrangères, le Conseil veille à assurer un appui administratif et financier. (/nouvelles/communiques/2004/em127268586549375000.htm)
Dépenses publiques au chapitre des arts visuels et des métiers d’art
- Les investissements publics au chapitre des arts visuels et des métiers d’art ont totalisé 68 millions de dollars en 2001-2002 – soit une augmentation de 33 p. 100 sur cinq ans. Les dépenses du gouvernement fédéral ont augmenté de 39 p. 100 alors que celles des gouvernements provinciaux et territoriaux ont augmenté de 31 p. 100. L’aide fédérale est acheminée aux intéressés par l’entremise du Conseil des arts du Canada (environ 18 millions de dollars), du ministère du Patrimoine canadien (environ 2 millions de dollars) et du ministère des Affaires étrangères (environ 1 million de dollars).
- Près de 69 p. 100 des dépenses publiques totales consacrées aux arts visuels et aux métiers d’art sont le fait des provinces et territoires. C’est au Québec que l’aide à ce chapitre est la plus importante (26 millions de dollars) – elle représente 56 p. 100 du financement total des provinces et des territoires au chapitre des arts visuels et des métiers d’art.
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Dépenses publiques au chapitre des arts visuels et des métiers d’art (en millions de $) |
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1997-1998 |
1998-1999 |
1999-2000 |
2000-2001 |
2001-2002 |
var. de %
1997-1998- 2001-2002 |
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Fédéral |
15,3 |
17,0 |
17,5 |
18,4 |
21,2 |
38,6 |
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Provincial et territorial |
35,7 |
39,5 |
40,9 |
40,3 |
46,8 |
31,1 |
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Total |
51,0 |
56,5 |
58,4 |
58,7 |
68,0 |
33,3 |
Source des données : Dépenses publiques au titre de la culture, Statistique Canada (http://www.statcan.ca/francais/freepub/87F0001XIF/free_f.htm)
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