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Plaidoyer pour les arts : conseils et stratégies destinés aux artistes, organismes artistiques, administrateurs et partisans de la culture

Depuis sa fondation en 1957, le Conseil des arts du Canada, à titre de principal véhicule du gouvernement fédéral en matière de soutien aux artistes professionnels et aux organismes artistiques du Canada, a reçu le mandat de promouvoir l’importance des arts. Ce document intègre les démarches du Conseil des arts les plus fructueuses à cet égard ainsi que du matériel de représentation des arts préparé par la Conférence canadienne des arts, la Toronto Arts Coalition, la National Assembly of State Arts Agencies et Americans for the Arts.

Toute personne ou tout groupe soucieux des arts et de la culture peut en faire la promotion – artistes, directeurs et administrateurs culturels, membres de conseils d’administration, bénévoles, mécènes, abonnés, leaders communautaires et autres partisans de la culture, tels que les politiciens, les représentants officiels du gouvernement et même les représentants des médias. La diffusion d’un message par l’intermédiaire des médias peut se révéler très efficace, bien que règle générale, il soit préférable de discuter au préalable des questions préoccupantes avec les politiciens et les représentants officiels du gouvernement.

La clé des activités de représentation des arts consiste à « humaniser » les questions en cause et à présenter les faits tels quels – le nombre d’employés d’un organisme, le nombre de personnes qui profitent du travail d’un organisme artistique et les avantages des activités et programmes artistiques pour la communauté locale, nationale ou internationale.

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Pourquoi promouvoir les arts?

Les démarches de promotion permettent d’établir des liens importants avec les politiciens et les représentants officiels du gouvernement, le public et des médias, ce qui hausse généralement le degré de compréhension des questions relatives aux arts et à la culture. Beaucoup de demandes se disputent l’obtention d’un financement public et la participation active d’un large éventail de personnes au processus de prise de décision accorde une meilleure crédibilité au soutien pour les arts et la culture.

Les représentants élus sont particulièrement intéressés à entendre le point de vue de leurs électeurs. Les problèmes deviennent réels lorsque les politiciens rencontrent les gens dans leur communauté qui ont des préoccupations ou des problèmes.

Les fonctionnaires officiels du gouvernement jouent un rôle déterminant dans l’établissement des priorités et ils sont également très attentifs aux opinions des Canadiens.

Les démarches de promotion peuvent faire naître des liens de confiance et des collaborations efficaces avec les politiciens, les représentants officiels du gouvernement et les médias, ce qui contribue à des efforts de bonne volonté orientés vers l’avenir. Elles peuvent également contribuer à éliminer certaines perceptions des arts et de la culture.

Les démarches de promotion contribuent à maintenir à l’avant-plan dans la communauté politique les questions relatives aux arts et à la culture – ces démarches sont renforcées par la couverture médiatique des événements, activités et questions d’ordre artistique et culturel.

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Préparation d’une démarche de promotion

L’aspect primordial d’une promotion efficace consiste en une bonne préparation préalable, consistant à :

  • définir le problème, se fixer un but ou un objectif et savoir qui sera le meilleur interlocuteur (par ex. : politiciens, représentants officiels du gouvernement ou médias);
  • comprendre le processus de prise de décision et demander à y participer officiellement (par ex. : se réunir avant le processus budgétaire ou demander à vous adresser à des comités ou commissions gouvernementales);
  • concevoir un message clair – décrivant le besoin ou la question, établissant un lien avec le programme du gouvernement et expliquant les façons d’y répondre; et
  • prévoir la contre-attaque ou autres objections. 

Le choix des moyens les plus efficaces de communiquer le but ou l’objectif est très important : il faut décider s’il vaut mieux exiger la tenue d’une réunion, rédiger une lettre, soumettre une demande par écrit ou faire un appel. Lorsqu’une réunion est jugée nécessaire, on doit y inviter des participants qui pourraient le mieux transmettre les messages. Une représentation élargie est préférable et il est souvent utile d’y inclure des gens connus et respectés.

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Conseils généraux sur la promotion

Les représentants élus, les représentants officiels du gouvernement et les médias peuvent ne pas saisir tous les aspects relatifs au secteur des arts et de la culture. Il faut donc vous préparer à leur soumettre des faits – en mettant l’accent sur les problèmes affectant votre communauté locale – et leur faire part de l’appui général de la communauté.

  • Coopérez, soyez prêt au compromis et ne coupez pas les ponts – même avec ceux qui s’opposent à vous, puisqu’ils peuvent se révéler des alliés à l’avenir.  Cependant, on peut exprimer sa déception ou son désaccord – quoiqu’il soit préférable de le faire en privé.
  • Il est utile d’être familier avec le processus de prise de décision, ce qui vous permettra de décider du moment le plus approprié de promouvoir la cause du soutien des arts par le secteur public. Par exemple, puisque l’établissement du budget fédéral débute à l’automne, des réunions pendant l’été – dans les circonscriptions – sont tout à fait opportunes.
  • Il est important que vos démarches de promotion soient proactives puisqu’il est plus facile d’obtenir de l’aide au moment voulu lorsque la relation de confiance est déjà établie. Ainsi, les démarches de promotion les plus efficaces sont régulières et continues – contrairement à des réactions de panique en situation de crise.
  • Les démarches de promotion n’ont pas besoin d’être coûteuses ou de prendre trop de temps : les lettres, courriels et appels téléphoniques coûtent très peu et il n’est pas nécessaire d’y consacrer beaucoup de temps.
  • Il faut reconnaître que les décisions gouvernementales – fédérales, provinciales ou municipales – ne se prennent pas du jour au lendemain. Il faut faire montre de patience, puisqu’il faudra peut-être plusieurs mois, voire quelques années, pour que toutes les parties s’entendent.
  • Bon nombre de personnes participent au processus de prise de décision – les députés au Parlement et aux assemblées législatives, les ministres du Cabinet, les conseillers locaux ou régionaux, les membres de comités gouvernementaux, le personnel politique et les hauts fonctionnaires.
  • Il faut établir de bons rapports avec l’entourage d’un politicien puisque son personnel vous permettra d’accéder aux politiciens et vous aidera à transmettre votre message. Règle générale, un ministre du Cabinet dispose de deux genres de personnel – un personnel politique, embauché par le ministre à titre de conseillers et le personnel ministériel composé de fonctionnaires de carrière. Les politiciens qui ne font pas partie du Cabinet ne disposent généralement que d’un personnel politique.
  • Lorsqu’une délégation rencontre des intervenants, ses messages doivent être directs et concis. Elle doit tenter d’obtenir des engagements précis et déterminer les prochaines étapes. Un court rapport de synthèse écrit devrait être distribué. S’il y a promesse d’une lettre de soutien, on doit demander d’en recevoir une copie.
  • Il faut faire le suivi des réunions – envoyer des notes de remerciement, préparer un sommaire des principaux points convenus entre les parties et ensuite faire un appel pour vérifier si les promesses ont été tenues.
  • Les intervenants peuvent plaider avec conviction en faveur du soutien public aux arts et à la culture. Leurs communications avec d’autres représentants officiels sont capitales (par ex. : envoyer une lettre de soutien aux membres des comités gouvernementaux ou à d’autres décideurs, soulever une question pendant une réunion du caucus ou même discuter officieusement des problèmes).  Ils peuvent également identifier d’autres acteurs clés du processus de prise de décision qui devraient être consultés.
  • Il faut demander aux partisans des copies de leurs lettres aux politiciens, aux représentants officiels du gouvernement et aux médias et en dévoiler le contenu aux décideurs pour intensifier la démarche de promotion. Par exemple, les représentants officiels municipaux et provinciaux devraient être informés des questions relevant du fédéral qui ont trait aux personnes dans leur communauté. En se faisant entendre au cours du processus, ils peuvent aider les représentants officiels fédéraux à mieux comprendre le sérieux des enjeux. De plus, les politiciens savent que chaque lettre reçue concernant un problème reflète le point de vue similaire de nombreux autres électeurs.
  • Les appels téléphoniques aux intervenants se doivent d’être polis et brefs. Préparez une liste des points essentiels avant de faire l’appel.
  • Gardez les médias locaux informés des problèmes affectant le secteur des arts et de la culture et invitez-les aux activités et événements. Établissez une collaboration avec les journalistes et les rédacteurs, écrivez des lettres à la rédaction et remettez aux médias des textes d’opinion ou des articles de fond sur les questions relatives aux arts et à la culture.

La crédibilité repose sur le fait de parler et d’écouter ainsi que sur la diffusion d’un message articulé, courtois et raisonnable tenant compte des réalités du processus de prise de décision. Il est préférable d’être bien informé et de comprendre tous les aspects d’une question, de faire preuve d’une assurance sans contrition, puisque le soutien du secteur public aux arts et à la culture est un investissement dans le développement de la communauté ­– tout le contraire d’une aumône.

Il faut distinguer la politique de la promotion politique. Tout représentant élu peut apporter son appui et toute opinion est importante dans le processus politique quelle qu’en soit l’affiliation partisane. En outre, puisque bon nombre de politiciens et de représentants officiels du gouvernement s’intéressent à la communauté artistique et culturelle, il est utile de leur demander de partager leurs expériences personnelles. Il est également important d’inviter les représentants élus à s’intéresser plus sérieusement aux arts.

Il faut reconnaître que si le secteur artistique et culturel souhaite établir des rapports avec le système politique, il est par ailleurs en mesure d’assurer des contacts utiles aux politiciens.

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La démarche de promotion

Un objectif important de toute démarche de promotion est son intégration dans le processus décisionnel des intervenants– là où les dossiers d’ordre artistique et culturel sont définis et reconnus comme une préoccupation des communautés. Comme les gens ont des expériences et messages différents à partager, il est important de découvrir les moyens les plus efficaces pour qu’ils puissent les communiquer. Par exemple :

Les artistes devraient :

  • Saisir toutes les occasions de remercier les politiciens et les représentants officiels du gouvernement (par ex. : une lettre de remerciement pour l’attribution d’une subvention ou d’une récompense, marque de reconnaissance publique à des événements).
  • Inviter les politiciens, leur personnel et les représentants officiels du gouvernement à venir prendre connaissance de ce qui existe sur le plan artistique dans la communauté et leur faire savoir à quel point leur soutien est important.  Les événements doivent cependant être choisis avec soin.
  • Remettre des exemplaires de leurs œuvres aux intervenants lorsque c’est possible, en leur indiquant ce que le soutien du secteur public a contribué à leur permettre de le faire (par ex. : envoyer des reproductions, affiches, disques compacts ou livres au bureau de circonscription).
  • Rencontrer les politiciens pour discuter des questions très préoccupantes ou bien les joindre par téléphone, lettre ou courriel.
  • Participer aux réunions municipales pour y discuter de l’importance du soutien du secteur public aux arts et à la culture. Poser des questions et soulever l’intérêt des membres de la communauté.
  • Inviter d’autres artistes et publics/partisans à partager leur point de vue avec les politiciens et d’autres décideurs.
  • Reconnaître au cours d’entrevues avec les médias l’importance du soutien du secteur public aux arts et à la culture et indiquer comment ce soutien les a aidés personnellement.

Les gestionnaires du secteur des arts et de la culture devraient :

  • Inviter les politiciens, leur famille et leur personnel, les représentants officiels du gouvernement et les médias à des événements. Ils doivent les remercier de leur participation et du soutien public qu’ils apportent aux arts et à la culture. Enfin, ils doivent exprimer leur reconnaissance aux politiciens qui défendent ces questions publiquement et auprès de leurs collègues.
  • Organiser des séances d’information avec les intervenants au moins une fois par année pour entretenir et renforcer les rapports personnels. La délégation (de préférence, quatre à cinq personnes) doit être représentative de l’organisme et comprendre notamment un membre du conseil d’administration, un leader communautaire qui appuie l’organisme, un artiste/créateur, un bénévole, un administrateur culturel, etc. Ils doivent présenter les faits, en faire valoir les aspects humains, prendre le temps d’écouter le point de vue des représentants élus. Il faut se montrer reconnaissant du temps accordé par les représentants officiels à la discussion des dossiers.
  • Établir des échanges réguliers avec les intervenants : inscription mutuelle sur les listes d’envoi respectives, envoi de rapports annuels, annonces et bulletins de liaison, envoi d’affiches pour des événements spéciaux, transmission de documentation sur les questions qui surgissent et demande de rédaction d’une chronique à inclure dans votre bulletin de liaison.
  • Communiquer régulièrement avec les membres de l’organisme pour les informer des questions importantes et les inviter à partager leur point de vue avec les décideurs.
  • Établir des alliances locales avec des groupes communautaires pour faire entendre d’autres voix sur les questions soulevées.
  • Participer aux réunions municipales organisées par les politiciens pour discuter de l’importance du soutien du secteur public aux arts et à la culture. Poser des questions et soulever l’intérêt des membres de la communauté.
  • Inscrire la promotion dans toutes les descriptions de travail et orienter les nouveaux membres du conseil d’administration vers le programme de promotion.
  • Établir une collaboration avec les médias locaux – ­journalistes et rédacteurs ­– pour s’assurer de leur sensibilisation aux questions relatives aux arts et à la culture. Il faut les garder au courant des événements et activités de l’organisme.

Note : Les directeurs d’organismes artistiques pourraient trouver utile le sondage Advocacy Self-Assessment de la National Assembly of State Arts Agencies : http://www.nasaa-arts.org/publications/public_adv_checklist.htm

Les membres du conseil d’administration devraient :

  • Inviter les intervenants à une réunion du conseil d’administration pour bien les renseigner sur le rôle important que joue l’organisme et les défis qu’il doit relever. C’est également une façon de les aider à découvrir les rouages internes de l’organisme.
  • Mettre sur pied un comité des relations stakeholder pour établir les moyens d’action possibles et nommer un porte-parole officiel pour l’homogénéité des interventions. À toute réunion du conseil d’administration, il faut envisager le dossier de la promotion comme un point distinct à l’ordre du jour.
  • Inviter les intervenants aux événements et activités. Il faut accompagner ces personnes aux événements, les présenter aux artistes/créateurs et leur faire visiter les coulisses.
  • Écrire des lettres de remerciement (sur papier à en-tête personnel ou professionnel) aux intervenants reconnaissant leur soutien aux arts et à la culture. Ces lettres doivent expliquer clairement de quelle manière leur soutien est profitable aux individus et à la communauté.
  • Envoyer des messages personnels de félicitations aux politiciens à des moments propices pour stimuler leur appui aux arts et à la culture (par ex. : au moment d’une nomination à un comité politique ou au Cabinet, d’une élection ou réélection).
  • Participer aux réunions municipales pour discuter de l’importance du soutien du secteur public aux arts et à la culture. Poser des questions et soulever l’intérêt des membres de la communauté.

Les partisans de la culture (mécènes, bénévoles, abonnés) devraient :

  • Faire prendre conscience aux politiciens de l’importance du soutien du secteur public aux activités artistiques et culturelles – par lettre ou courriel, appel téléphonique, au cours d’événements ou de réunions, ou encore par carte de remerciement.
  • Participer aux réunions municipales pour discuter de l’importance du soutien du secteur public aux arts et à la culture. Poser des questions et soulever l’intérêt des membres de la communauté.
  • Inviter d’autres personnes à partager leur point de vue avec les représentants élus, les représentants officiels du gouvernement et les médias puisque les activités artistiques sont un bienfait pour tous les membres d’une communauté.
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Sources et autres ressources de représentation

Conférence canadienne des arts
http://www.ccarts.ca/fr/advocacy/publications/

Advocacy Alert, Sask Culture
http://www.saskculture.sk.ca/Advocacy/Default.htm

Assembly of BC Arts Councils
http://www.assemblybcartscouncils.ca/programs/advocacy.htm

Great Arts/Great City, Toronto Arts Coalition
http://www.torontoartscoalition.org/

Access to Power: Building Political Clout for the Arts
The National Assembly of State Arts Agencies
http://www.nasaa-arts.org/publications/advo.shtml

Arts Advocacy Toolkit, Americans for the Arts
http://www.americansforthearts.org/get_involved/advocate.asp