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Les arts et la culture autochtones – les racines du Canada

L’expression artistique est au coeur même de la culture autochtone et les artistes et organismes artistiques du Canada réaffirment la pertinence des formes d’expression artistique autochtones auprès de publics enthousiastes tant au pays qu’ailleurs dans le monde. Ces réussites sont tout particulièrement importantes pour les jeunes Autochtones du Canada – qui peuvent ainsi s’identifier à des auteurs, chanteurs, cinéastes, danseurs, acteurs, actrices et artistes des arts visuels et, comme modèles de rôles et mentors qui s’attachent à protéger, à enrichir et à interpréter les cultures autochtones.

Le gouvernement du Canada a également établi un Groupe de travail sur les langues et les cultures autochtones afin qu’il conseille le gouvernement relativement à la création d’un centre des langues et des cultures autochtones. Cette initiative fait suite à un engagement pris en 2002 et voulant que 172,5 millions de dollars soient consacrés sur une période de 11ans à l’élaboration d’une stratégie nationale durable aux fins de la préservation, de la revitalisation et de la promotion des langues et cultures autochtones, conformément à la recommandation formulée par la Commission royale sur les peuples autochtones en 1995. Selon une recherche menée en 1996, près de la moitié des 50 à 70 langues autochtones du Canada seraient sur le point de disparaître ou menacées de sombrer dans l’oubli. Aujourd’hui, seules trois langues sont considérées comme viables, le cri, l’ojibway et l’inuktitut.

Faits saillants du Conseil des arts du Canada

L’élaboration de programmes qui répondent aux besoins particuliers des artistes autochtones est une priorité du Conseil des arts du Canada. À compter de 1998-1999, on a mis davantage l’accent sur les arts autochtones et prévu des fonds supplémentaires pour des programmes dans les arts médiatiques, la danse, les arts visuels et pour le Bureau des arts autochtones. Bien que tous les programmes du Conseil soient offerts aux artistes et aux organismes artistiques autochtones, le Bureau des arts autochtones leur sert de porte d’entrée utile et bien définie et il travaille avec le Comité consultatif des arts autochtones et d’autres Services afin d’élaborer des politiques, des programmes et de dresser des budgets.

  • Au Conseil, le Programme d’accroissement de la capacité destiné aux organismes artistiques autochtones a accordé un total de 587 000 $ à 24 organismes artistiques en 2006-2007.
  • Afin de déterminer à quelles demandes de subvention donner suite, le Conseil a invité à évaluateurs pairs autochtones à prendre part à ses comités d’évaluation. Ils représentaient  11p.100 de l’ensemble des évaluateurs, alors que les Autochtones du Canada représentent 3p.100 de la population canadienne.
  • La scène nationale des arts autochtones commence à connaître des succès resplendissants et elle tend à rayonner ailleurs dans le monde. Par exemple, l’appui du Conseil aux minispectacles de musique autochtone Native to Canada à l’occasion de la 2000 Worldwide Music Expo (WOMEX), qui s’est déroulée à Berlin, a permis à cinq artistes et groupes de musique de conquérir de nouveaux auditoires, d’obtenir des engagements pour d’autres festivals internationaux et de signer des contrats avec des maisons de disque européennes.
  • Le Conseil a également coordonné en 1998 les minispectacles de musiciens de cultures diverses et des Premiers peuples d’un bout à l’autre du Canada et accordé un appui financier à 16 musiciens autochtones et de cultures diverses afin qu’ils participent à Sons neufs comme le monde à l’occasion du forum de CINARS et de la Conférence Rendez-vous Folk tenus à Montréal en 2003.
  • Le Conseil a également accordé un appui financier à la première d’Honouring Words et à sa tournée de 2002, à laquelle ont participé d’éminents auteurs autochtones du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. En outre, cinq auteurs autochtones du Canada ont reçu une aide du Conseil afin de participer à la deuxième tournée d’Honouring Words qui s’est déroulée en Australie en 2003.
  • Afin d’aider davantage les artistes des arts visuels autochtones, la Banque d’oeuvres d’art du Conseil des arts du Canada les a aidés à célébrer son 30eanniversaire en 2002 en consacrant 100 000 $ à l’acquisition d’oeuvres d’art autochtones – non seulement pour enrichir sa collection, mais également pour mieux répondre à la demande croissante d’oeuvres d’art autochtones parmi les clients qui louent des oeuvres.

Autres faits saillants de l’appui accordé par le Conseil aux artistes et organismes artistiques autochtones :

  • le cinéaste inuit Zacharias Kunuk a reçu une subvention afin de produire le film Atanarjuat, qui a été primé ;
  • Louis Bird a reçu une subvention afin de recueillir puis de transcrire les récits traditionnels omushkegowak dans lesquels sont décrites les croyances spirituelles et les pratiques de ce peuple ;
  • l’Institut culturel Ivartaq de Montréal a reçu une subvention afin de contribuer à l’organisation de Throatsingers’ Gathering – festival de musique inuite du Canada ;
  • Tom Poulsen a reçu une subvention afin de se familiariser avec les techniques légendaires de Fire Bringer, une tradition de vannerie menacée de disparition et transmise par les aînés de la tribu Cherokee de Géorgie ;
  • CyberPowWow 2K, projet en ligne appuyé par le Conseil qui traite des questions d’art contemporain parmi les Premières nations, des politiques en matière d’art et de la technologie numérique ;
  • Une réunion de huit tisseurs chilkat de Prince Rupert à la faveur de laquelle les tisseurs collaborent et partagent cette pratique artisanale ancienne avec le public ;
  • Bones: Une opéra dansé autochtone mis au point par les chorégraphes canadiens Sadie Buck et Alejandro Ronceria à laquelle participent des chanteurs, des danseurs et des acteurs autochtones de trois continents et de six pays. Pour reprendre les termes de Sadie Buck :

«Je crois en notre peuple et voilà ce que nous devrions être. Nos enfants doivent se rendre compte que nous pouvons faire des tas de choses. Nous devons ouvrir les portes. Il nous appartient  de le faire. Ils possèdent toutes les compétences et la culture nécessaires pour réaffirmer et confirmer que nous pouvons vivre la vie que nous avons choisie. Cela est important pour eux à de nombreux égards, y compris celui de l’emploi.»